Croissance : le FMI exhorte UE et Etats-Unis à lever les “incertitudes”

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ège du FMI, à Washington, en 2011 (Photo : Mandel Ngan)

[08/10/2012 21:48:05] TOKYO (AFP) Le Fonds monétaire international a brossé mardi un sombre tableau de l’économie mondiale et exhorté l’Union européenne et les Etats-Unis à agir d’urgence pour faire face aux “risques considérables” et lever les “incertitudes” qui pèsent encore sur la reprise.

Signe de ce regain de pessimisme, le FMI a de nouveau abaissé ses prévisions de croissance mondiale, à 3,3% en 2012 (contre 3,5% attendu initialement en juillet) et à 3,6% en 2013 (contre 3,9%), dans son rapport semestriel publié à Tokyo avant son assemblée générale.

“Pour une fois, je serais content que nos projections s’avèrent inexactes, et qu’en l’occurrence, elles soient trop pessimistes”, écrit en préambule l’économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard.

Pointant une montée des “risques de dégradation”, le Fonds prévient qu’un taux de chômage élevé devrait continuer à sévir dans “beaucoup d’endroits” du globe, notamment en Europe, et estime que la confiance dans le système financier demeure “exceptionnellement fragile”.

“La question-clé est de savoir si l’économie mondiale traverse simplement une nouvelle zone de turbulences (…) ou si le ralentissement actuel pourrait durer”, souligne le FMI, ajoutant que la réponse était maintenant entre les mains des gouvernements en Europe et aux Etats-Unis.

Selon le Fonds, l’Union européenne (UE) doit rapidement “mettre sur pied” son fonds de secours encore embryonnaire, faire avancer “une union bancaire” actuellement balbutiante et amorcer “une plus grande intégration budgétaire”.

L’assainissement des finances publiques doit également se poursuivre en Europe même si, admet le FMI, il s’accompagne parfois “d’une croissance décevante ou de récessions”.

“La crise dans la zone euro reste la menace la plus claire sur les perspectives mondiales”, assure le Fonds, qui participe aux trois plans d’aide en cours dans la région (Grèce, Irlande, Portugal).

En cas d’inertie, les récents signes d’amélioration, qui ont suivi l’annonce du programme de rachats d’obligations par la Banque centrale européenne début septembre, pourraient s’avérer “éphémères”, souligne le FMI.

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économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard, le 20 septembre 2011 à Washington (Photo : Karen Bleier)

Se tournant de l’autre côté de l’Atlantique, le FMI appelle également les Etats-Unis à “écarter très vite la menace” posée par le “mur budgétaire”, l’expression qui désigne l’entrée en vigueur d’ici à la fin de l’année de hausses d’impôts conjuguées à une baisse draconienne des dépenses publiques.

“Si les législateurs (américains) échouent, l’économie américaine pourrait retomber en récession avec des conséquences catastrophiques sur le reste du monde”, souligne le Fonds.

Dans son rapport, le FMI se félicite qu’une fois encore l’activité dans les pays émergents devrait rester “solide” dans les années en venir, en dépit d’un léger ralentissement observé récemment en Chine, en Inde ou au Brésil, et provoqué en partie par la crise de la zone euro.

Les émergents, qui devraient connaître une croissance de 5,3% cette année, devront conserver une “situation budgétaire solide” et “maintenir l’inflation à un taux modéré”, recommande le FMI.

Tout en relevant que certains déséquilibres mondiaux ont “diminué”, le Fonds note que les excédents commerciaux de certains pays d’Asie restent encore “trop forts” alors que leur monnaie reste trop faible, une allusion transparente à la sous-évaluation du yuan chinois.

Enfin, le Fonds pointe un autre risque “important” pour l’économie mondiale: les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment en Iran, qui pourraient doper les prix du baril de brut.