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à la bourse de New-York (Photo : Allison Joyce)

[04/08/2012 07:07:56] NEW YORK (AFP) La Bourse de New York se prépare à retomber dans la léthargie estivale la semaine prochaine, après avoir connu des séances volatiles, rythmées par les grandes banques centrales et la hausse de l’emploi aux Etats-Unis.

Au cours des cinq dernières séances, le Dow Jones Industrial Average, indice des 30 valeurs vedettes de Wall Street, a gagné 0,16%, terminant vendredi à 13.096,17 points, un niveau plus vu depuis le 3 mai.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a avancé de 0,33% à 2.967,90 points.

L’indice élargi Standard & Poor’s 500 a progressé de 0,36%, pour finir à 1.390,99 points.

Wall Street avait débuté la semaine sans élan, se réservant pour les réunions de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Réserve fédérale américaine (Fed). Les investisseurs espéraient que ces deux institutions feraient tourner la planche à billets et redonneraient ainsi du souffle à une économie mondiale toujours incapable de repartir franchement.

La Fed a finalement opté mercredi pour le statu quo en annonçant le maintien de ses mesures de soutien à l’économie pour faire face aux “risques” qui pèsent sur la première puissance du globe. Mais elle n’a pas jugé nécessaire d’engager dès maintenant une troisième phase “d’assouplissement monétaire” qui revient à injecter massivement des liquidités sur le marché.

Si beaucoup dans les salles de marché s’étaient attendu à ce que le patron de la Fed Ben Bernanke réserve toute décision à la réunion de septembre de l’institution, attendant de connaître les intentions de la BCE, le manque d’action de cette dernière a beaucoup déçu.

La BCE a en effet réitéré son engagement à “tout faire” pour protéger la zone euro et prévenu qu’elle pourrait racheter à nouveau de la dette de pays en difficulté, mais seulement avec les fonds de secours européens et donc une fois que ces Etats auraient fait une demande d’aide.

La BCE a réalisé d'”importants pas en avant” en reconnaissant la gravité de la situation, ont reconnu Paul Edelstein et Nigel Gault, économiste chez IHS Global. Du reste, “après les récentes déclarations de Mario Draghi (le président de la BCE) qui a assuré que la BCE +ferait tout ce qui est nécessaire+ pour préserver la zone euro, les marchés attendaient plus”, ont-ils souligné.

“On attendait plus de détails et de commentaires de la part de la BCE”, a renchéri Michael James, de Wedbush Securities.

Les marchés ont donc lourdement chuté mercredi et jeudi, avant de rebondir franchement vendredi, grâce à l’accélération surprise des embauches aux Etats-Unis en juillet.

L’économie américaine a créé le mois dernier 163.000 emplois de plus qu’elle n’en détruisait, sa plus forte progression depuis février, contre 100.000 attendus par le marché.

Cela n’a toutefois pas empêché une légère hausse du taux de chômage qui s’établit à 8,3%, contre 8,2% en juin. Mais il s’agit là d'”un détail comptable bien moins important que la forte hausse des embauches”, selon Michael James.

Du reste, la hausse de vendredi s’inscrivait dans un environnement de faibles volumes d’échanges et pour Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management, “dès lundi ces gains vont être effacés” car “il n’y aura rien de passionnant à attendre sur les marchés”.

“La flambée des taux obligataires espagnols va reprendre de plus belle”, a-t-il avancé, mettant en garde contre la tentation de minimiser la crise européenne.

A l’inverse, Michael James, de Wedbush Securities, estime que “la tendance à la hausse va se poursuivre” en dépit d’une actualité peu animée. Les marchés américains ont montré qu’ils étaient “moins vulnérables” à la situation en Europe, a-t-il conclu.

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