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à la Bourse de New York, le 23 mai 2012 (Photo : Allison Joyce)

[28/07/2012 09:22:59] NEW YORK (AFP) Les préoccupations pour la crise européenne de la dette sont revenues au premier plan cette semaine à Wall Street, reléguant les résultats d’entreprises en toile de fond et faisant de Mario Draghi la nouvelle planche de salut des investisseurs américains.

Au cours des cinq dernières séances, le Dow Jones Industrial Average, indice des 30 valeurs vedettes de Wall Street, a gagné 1,97%, terminant vendredi à 13.075,66 points, un niveau plus vu depuis le 4 mai.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a avancé de 1,12% à 2.958,09 points.

L’indice élargi Standard & Poor’s 500 a progressé de 1,71%, pour finir à 1.385,97 points.

En dépit d’une semaine très chargée, la Bourse américaine n’a pas fait grand cas des derniers résultats trimestriels d’entreprise, si ce n’est ceux de Facebook. Le champion des réseaux sociaux, qui a réalisé son entrée en Bourse mi-mai, a chuté vendredi de 12%, après une perte nette de 157 millions de dollars, contre un bénéfice net de 159 millions de dollars un an plus tôt.

Pourtant, souligne Gregori Volokhine, président de Meeschaert Capital Market, les entreprises américaines continuent à afficher des performances honorables, le secteur technologique enregistrant notamment une hausse de 8% de ses profits sur un an. La palme revient aux valeurs industrielles, dont les bénéfices ont progressé de 11% en moyenne. A l’inverse, le secteur énergétique arrive en queue de peloton, pénalisé par la faible demande en pétrole aux Etats-Unis, premier consommateur mondial de brut.

“On a eu beaucoup de résultats qui, même s’ils peuvent être jugés satisfaisants au niveau des profits, sont très décevants au niveau des ventes, le responsable principal étant le ralentissement économique en Europe”, dit M. Volokhine.

Toutefois, “le marché ne réagit aux informations macro et microéconomiques, mais seulement à la spéculation sur une intervention de politique monétaire de la BCE”, la Banque centrale européenne, a remarqué l’analyste, jugeant cette “ambiance très malsaine” car “sous perfusion d’un espoir d’une intervention”.

Le catalyseur de la Bourse américaine cette semaine a ainsi été le président de la BCE, Mario Draghi. Alors que la flambée des taux obligataires espagnols donnait des sueurs froides aux marchés, le patron de l’institution de Francfort a déclaré jeudi que la banque était “prête à faire tout ce qui est nécessaire pour préserver l’euro”.

Dans ce contexte, l’attention des investisseurs américains se porte sur la réunion de politique monétaire de la BCE, prévue jeudi.

“C’est Draghi qui est sur le siège du conducteur en terme de politique monétaire cette fois”, estime M. Volokhine. “On peut espérer que les choses soient en train de bouger”.

Car pour les analystes, il y a peu à attendre de la réunion, mardi et mercredi, du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC). Ceci, en raison des derniers chiffres du PIB américain qui a augmenté de 1,5% au deuxième trimestre, contre 1,2% attendu.

Cela laisse penser que “l’économie américaine va se reprendre au second semestre”, selon UniCredit, qui prévoit une croissance à 2,5% pour les six derniers mois de l’année.

Plus prudents, les experts de Nomura remarquent que “depuis la réunion de juin du FOMC, les conditions économiques se sont suffisamment détériorées pour pousser les décideurs à prendre de nouvelles mesures”. Toutefois, notent-ils “le Comité va vouloir voir plus de données et prendre plus de temps” pour se lancer dans de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire.

Ainsi, les investisseurs américains s’attendent majoritairement à ce qu’une décision de ce type soit prise lors de la réunion des 12 et 13 septembre du FOMC.

Dans ce contexte, les indicateurs américains seront peu suivis la semaine prochaine, hormis les chiffres de l’emploi de juillet, attendus vendredi.

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