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est de Londres, le 8 mai 2012 (Photo : Ben Stansall)

[08/05/2012 18:15:14] LONDRES (AFP) Le Premier ministre britannique David Cameron veut garder le cap de l’austérité, malgré le revers cuisant subi par sa coalition aux élections municipales et la défaite en France et en Grèce de gouvernements défendant la rigueur.

Deux ans après la formation de son gouvernement de coalition, le dirigeant conservateur et son numéro deux libéral-démocrate, Nick Clegg, se sont rendus mardi dans une usine de l’Essex (est) où ils ont défendu côte à côte le bien-fondé de cette alliance et sa stratégie économique.

“Je crains que nous ne puissions revenir sur les difficiles décisions que nous avons prises pour diminuer les dépenses, juguler notre dette et nos déficits”, a expliqué M. Cameron devant des ouvriers, quelques jours après le revers cinglant infligé à la coalition lors des élections municipales.

Mais il a toutefois semblé faire un geste en direction des avocats de la croissance, qui accusent sa politique de rigueur d’être responsable du retour du pays dans la récession, en promettant qu’il “redoublerait d’effort” pour redynamiser l’économie.

Il a même distingué des ressemblances entre sa politique budgétaire et celle préconisée par le nouveau président français élu François Hollande, tenant du soutien à la croissance, en assurant que reprise et réduction des déficits n’étaient pas antinomiques.

“Nous devons faire les deux choses à la fois”, a-t-il expliqué. “Et si vous regardez ce que le président Hollande suggère en France, en fait son programme pour juguler les déficits n’est pas très éloigné de la voie que nous suivons”, a-t-il assuré.

“C’est un peu un mythe de croire qu’il y a des gens en Europe qui vont se mettre à dépenser beaucoup plus d’argent tandis que d’autres savent qu’ils doivent juguler leur dette et leurs déficits”, a-t-il poursuivi, en réponse au débat en Europe sur la pertinence des politiques de rigueur, accusées de tuer la reprise.

“La solution que nous proposons, ce n’est pas simplement de réduire les déficits”, a-t-il encore affirmé.

Le chef du Labour Ed Miliband a quant à lui accusé les deux leaders d’être sourds aux attentes de la population et de cumuler “échec économique” et “injustice”.

Pour l’analyste politique Tony Travers, David Cameron et son ministre de l’Economie George Osborne “vont rester fidèles à leur politique économique quoi qu’il arrive”. “Je pense qu’ils préféreront rester sur cette ligne et perdre les prochaines élections plutôt que d’en changer”, estime cet expert de la London School of Economics.

Ce déplacement dans l’Essex a aussi été l’occasion pour le Premier ministre et son numéro deux d’afficher la solidité de la coalition gouvernementale, malgré les tensions qui ont émaillé ces deux années de cohabitation et les doutes et dissensions suscités par les résultats des municipales.

Selon le Times, des responsables “lib-dems” souhaitent que leur formation se retire du gouvernement bien avant les législatives de 2015 pour éviter de subir une déroute. Tandis que sur l’aile droite du parti conservateur, des voix critiquent la trop grande influence des “lib-dems” sur la politique gouvernementale concernant le mariage homosexuel, l’Europe ou encore l’immigration.

“Malgré les débats que nous avons parfois, nous avons mis ces différences de côté” et ce gouvernement “fonctionne”, a assuré M. Cameron, à la veille du traditionnel discours de la reine au Parlement qui dévoilera le programme de la coalition pour la prochaine session parlementaire.