Grandes manoeuvres pour mettre la main sur American Airlines

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éroport de Chicago, le 29 novembre 2011 (Photo : Scott Olson)

[13/01/2012 07:56:24] NEW YORK (AFP) Les grandes manoeuvres s’organisent pour tenter de mettre la main sur le transporteur en faillite American Airlines: Delta Airlines, deuxième compagnie mondiale, sa concurrente US Airways et la société d’investissement TPG Capital sont intéressées.

Delta Airlines a fait appel à la firme de conseil et d’investissement Blackstone pour la conseiller sur une offre qu’elle envisage de faire, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier.

AMR, la maison mère d’American Airlines, a déposé le bilan le 29 novembre. Elle avait alors assuré pouvoir poursuivre ses activités grâce à une trésorerie disponible garnie de 4 milliards de dollars.

Delta, qui avait fait une première fois faillite en 2005, était devenue brièvement la plus grosse compagnie de la planète après avoir fait l’acquisition de Northwest Airlines en 2008.

Le Wall Street Journal affirme par ailleurs que la sixième compagnie américaine, US Airways, est également intéressée, tout comme le fonds d’investissement TPG Capital.

Contactés par l’AFP, des porte-parole de Delta Airlines et Blackstone se sont refusés à tout commentaire. Des porte-parole d’American Airlines et TGP n’ont pas pu être joints.

Deuxième plus grosse compagnie aérienne du monde, derrière l’alliance formée par United et Continental, Delta a réalisé une étude sur les risques qu’une telle fusion avec American contrevienne aux lois anti-monopole, et conclu qu’il lui suffirait de “quelques concessions” pour convaincre les autorités.

Une fusion des deuxième et troisième transporteurs aériens américains ne devrait cependant pas être facile à faire accepter par la division antitrust du département de la Justice.

Elle vient de faire échouer le projet de rachat de T-Mobile USA, quatrième opérateur de téléphonie mobile du pays, par le numéro deux du secteur ATT Wireless.

Un mariage avec US Airways, sixième compagnie du pays qui s’est déjà restructurée en déposant deux fois le bilan en 2002 et 2004, serait plus facile à faire accepter.

Selon une note récente de l’expert du secteur aérien Michael Boyd, les deux transporteurs n’ont toutefois pas beaucoup de synergies possibles et US Airways, nettement plus petit, “n’apporte pas grand chose au réseau d’American Airlines”.

En outre, selon lui, AMR a déposé le bilan pour pouvoir tailler dans les coûts des retraites de ses employés et pour alléger sa dette, non pour restructurer ses opérations proprement dites.

AMR disposant d’assez de liquidités pour continuer à fonctionner normalement pendant sa faillite, c’est elle qui mène sa restructuration et non ses créanciers. Elle dispose de 18 mois pour faire approuver un plan de sortie de faillite à un juge.

Un comité de créanciers, qui comprend notamment les syndicats du groupe en raison de la question des fonds de retraites ou encore le constructeur aéronautique Boeing, a également voix au chapitre.

La prochaine audition au tribunal des faillites de New York aura lieu le 27 janvier.