Tunisie – Commerce : Comment Béchir Zaâfouri compte-t-il préserver le “couffin du citoyen“?

bechir-11012012-art.jpgNous venons de rencontrer Béchir Zaâfouri, ministre délégué chargé du Commerce
et de l’Artisanat, et nous l’avons trouvé… concentré et nuancé!

Concentré quand il nous a affirmé que la maîtrise de la transparence des
circuits et des prix, première garantie pour préserver le “couffin du citoyen“,
et la rationalisation, surtout produits première nécessité, sont parmi ses
priorités.

Concentré quand il a insisté sur la sensibilisation de ses agents et ses
Directions générales pour renforcer les actions de contrôle alors que la
présence des agents est de plus en plus marquée, surtout dans les marchés
municipaux, chez les commerçants…

“Nos contrôleurs sont aujourd’hui au nombre de 700 car ils ont été renforcés par
200 membres au cours des derniers mois. Et même si on peut convenir que ce
nombre est relativement petit contre le nombre de 250 mille commerces tous
secteurs confondus, il y a cependant des méthodes scientifiques qui leur donnent
plus d’efficacité; par exemple faire un échantillonnage pur accéder aux points
sensibles, notamment sur les marchés des produits agricoles et chez les
épiciers, là où le consommateur est touché par les infractions et les dérapages
de prix et de qualité. Nous allons d’ailleurs renforcer leurs moyens d’action
(logistique, transport, outils informatiques…) pour les aider dans leurs
actions sur le terrain“, a-t-il souligné.

Béchir Zaâfouri nous a également paru nuancé quand il nous a affirmé sa
conviction que l’ODC (Organisation de défense du consommateur) est indépendante
et libre mais qu’il va coordonner avec elle et l’associer, avec toutes les
autres parties concernées pendant cette période délicate, à un objectif commun:
la sauvegarde du pouvoir d’achat du Tunisien et de la qualité des produits et
services qui lui sont destinés.

Nuancé, il l’était aussi en nous parlant du dossier délicat du commerce
parallèle quand il a eu l’à propos de peser le pour et le contre: “Nous savons
que des milliers de familles vivent de ce circuit et que de nombreuses familles
tunisiennes s’y approvisionnent car ils ne peuvent s’offrir la gamme supérieure.
L’idée, c’est de réglementer relativement ce domaine même si cela se fera
différemment des circuits usuels. On verra comment aménager ces espaces pour
leur donner un cadre qui pourrait les inciter à exercer en toute transparence et
pour que nous puissions contrôler l’origine et la qualité de leurs produits“.