Tunisie -NAPEO-TACC : Innovation… le goût du risque, à l’américaine!

tunis-americ.jpgIl n’y pas de doute, l’«american way of Invest» est une réalité. Le «nouveau
monde» se distingue par sa fulgurance, son originalité et par-dessus tout, ce
formidable goût pour la prise de risque. Mais il ne faut pas croire, les
Américains ne sont pas si fous que ça! C’est faux de les prendre pour des «têtes
brûlées» qui foncent à l’aveuglette. Chez ces gens-là, comme disait Jacques
Brel, on compte.

C’est l’esprit qui a prévalu lors de la rencontre avec les représentants du
programme Aorth Africa Partnership for Economic Opportunity (NAPEO) qui a été
parrainée par la
Tunisian American Chamber of Commerce
(TACC). Ce programme
cible l’ensemble des pays de la région Moyen-Orient et Maghreb.

Des repères de valorisation différents

Ils nous surprennent parce qu’ils ont abandonné les repères classiques et
cartésiens d’antan auxquels nous restons collés, même qu’ils comptent avec des
repères, même s’ils ne sont pas très cartésiens, classiques, n’en sont pas moins
très précis. Le Taux de rendement interne est une notion totalement dépassée. A
l’heure actuelle, c’est le taux de retour sur investissement et l’étendue du
potentiel de croissance qui dominent. Ce sens inné du risque chez les Américains
est conforté par une série de valeurs sociales qu’on peut résumer par le slogan
«Move On».

Cet appétit insatiable du neuf et du dépassement de soi, matérialisé
historiquement par le concept de «frontières mobiles» est un carburant
inépuisable pour les jeunes américains habités qu’ils sont par cette envie de
créer des projets. Le succès reste le critère suprême de la réussite en société.
De ce fait, l’innovation trouve, dans l’environnement américain, un terrain de
culture favori. Peut-on transposer le modèle de réussite américain en affaires,
chez nous? Ce modèle est-il le password pour l’innovation en IT, dans notre
pays? Et c’est précisément le genre de questionnement que véhicule le programme
NAPEO.

Voir grand, quitte à commencer petit

Parmi les invités de la TACC, on trouve des promoteurs qui ont réussi et des
gérants de fonds d’investissement et d’amorçage dédiés aux promoteurs de projets
innovants, notamment dans l’IT. Qui ne tente rien, n’a rien, dit la morale
populaire. Mais eux, ont tenté l’impossible et ont réussi. C’est son trait
d’audace qui a forcé la chance à sourire à l’un des promoteurs.

Ce dernier n’a pas hésité à rencontrer le directeur marketing de Motorola -pas
moins- pour lui dire: «A votre place je ferais ceci». La proposition avancée par
le candidat téméraire a fait tilt, et le voilà en charge du programme innovation
marketing de ce géant de l’IT. Et sa trajectoire n’a fait que suivre une pente
conséquente. A la faveur d’une action d’essaimage, il s’et jeté à l’eau et a
démarré son propre projet.

Mais s’il arrive que l’on réussisse, on peut aussi connaître l’échec. C’est
vrai, et là, recommandent les invités américains, il est impératif de se
reprendre et de remettre l’ouvrage sur le métier. Et c’est l’audace du concept
du projet qui est prise en considération par les responsables de fonds. En
effet, ces derniers parient sur deux éléments essentiels, l’étoffe du promoteur
et l’originalité de l’idée. Les participations sont en effet considérées sous
l’angle de l’ampleur du retour sur investissement. Et il est souvent question de
multiplicateurs affolants, parfois. On parle de 100 et de mille fois. L’ordre de
grandeur, pour nous Tunisiens, est exagéré. Mais le gigantisme américain est de
cette nature.

Le modèle de réussite

Evidemment, quand les invités américains recommandent de faire pousser dans le
monde arabe une dynamique de Silicon Valley, ils insistent pour rappeler qu’il
faut avoir le marché mondial pour horizon. Des expériences phares ont pu éclore
dans notre environnement géographique qui peuvent être dupliquées à l’infini,
soutiennent les invités américains. Deux jeunes ingénieurs, l’un libanais et
l’autre syrien, ont vendu à Google un projet dont la valeur représente la
troisième capitalisation des affaires acquises par Google.

«L’expédition» de NAPEO survient à un moment où la Tunisie retrouve des repères
démocratiques et veut renouveler son modèle économique. La coïncidence est
heureuse. Le défi proposé par les Américains est à la hauteur de nos ambitions.
Saurons-nous nous donner les moyens de nos ambitions? La question est de prime
importance pour nous.

Il est vrai que les Américains ne manqueront pas de nous apporter une certaine
aide et peut-être à nous instruire de leur savoir-faire. Le plus dur reste à
faire cependant, car il s’agit bel et bien de reproduire un environnement pour
l’investissement de sorte à insuffler ce mordant pour l’innovation. L’expérience
américaine nous enseigne que c’est une question qui peut être résolue avec une
approche technique rigoureuse. La souche des start-up, en théorie, serait à
notre portée. Tout le travail sera de l’implémenter!