Au bureau ou au bar, optez pour la micro-sieste !

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és de Leblon-Delienne, un atelier qui produit des statuettes de personnages de bandes dessinées, font la sieste sur leur lieu de travail au milieu de figurines à Neufchâtel-en-Bray, le 10 mars 2006. (Photo : Robert Francois)

[29/09/2011 12:54:24] PARIS (AFP) Institutionnalisée en Chine mais encore taboue en Occident, la sieste au travail commence à faire des adeptes dans les entreprises françaises et se pratique désormais au “bar”, dans une version plus “active”.

“Toutes les études le montrent : une micro-sieste de 10 à 20 minutes permet de recouvrer ses forces et d’être plus efficace”, dit Sylvie Royant-Parola, présidente du réseau de santé Morphée d’aide à la prise en charge des troubles du sommeil.

Qu’on se le dise : “manquer de sommeil est dangereux et nous sommes programmés pour la sieste”, confirme le Dr Eric Mullens, l’un des premiers à avoir mis en place une consultation sur les troubles du sommeil en France.

Mais “dans une société qui valorise l’hyperactivité, le sommeil est considéré comme une perte de temps. Les journées sont de plus en plus longues, on rogne sur le temps de sommeil mais s’autoriser une petite plage de repos relève de l’exploit”. C’est “un problème culturel”, ajoute le Dr Mullens qui milite depuis des années en faveur de la sieste auprès des pouvoirs publics et des entreprises.

Le coup de barre intervient souvent à la mi-journée. Les salariés les plus “téméraires” utilisent alors leur pause-déjeuner pour piquer un petit roupillon.

Au grand air, la tête posée sur les avant-bras devant l’ordinateur, allongé sous leur bureau ou assis dans les toilettes…. Car les salles dédiées à la sieste en entreprise restent “rares”, dit Mme Royant-Parola.

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. (Photo : Alain Julien)

A Lyon, Anthony Bleton, patron de Novius (créateur de sites web) a “montré l’exemple” il y a quatre ans en aménageant une salle de repos avec de gros poufs confortables. La moitié de ses 30 salariés l’utilisent régulièrement pour la sieste et ne pourraient guère s’en passer.

Parmi eux, Jérôme Daubresse : “il vaut mieux s’arrêter de travailler, faire un break, puis être plus efficace après, plutôt qu’être complètement amorphe et partir à l’heure normale”.

Bar à sieste

A Lyon encore, France Telecom-Orange teste depuis janvier “la sieste courte” en cabines individuelles dans son centre d’appels (850 salariés). Pratiquée à l’heure du déjeuner, elle n’excède pas 30 minutes, durée au-delà de laquelle “l’individu peut se sentir nauséeux et fatigué au réveil”, souligne la société qui envisage de l’étendre aux autres sites français.

Le concept a également convaincu PwC, cabinet d’audit et de conseil basé à Neuilly-sur-Seine qui a installé une salle de relaxation sur une proposition des salariés dans le cadre d’un concours d’innovation.

Depuis mars 2009, 3.000 d’entre eux bénéficient d’espaces individuels agrémentés de coussins et séparés par des rideaux dans une salle baptisée “PwCool”, qui dispose de “fauteuils massants” et où deux professionnelles prodiguent également des massages deux fois par semaine, explique Isabelle Mathieu, DRH adjointe.

Convaincu des bienfaits de la sieste dans une société “qui oublie son corps” Christophe Chanhsavang, 30 ans, vient d’ouvrir “Zen zzz”, un “bar à sieste” dans le IIe arrondissement de Paris.

“Ancien de la finance” qui a roulé sa bosse à Hong Kong, Singapour et au Canada, il dit s’être inspiré d’une pratique “très répandue en Asie”, la sieste “active”.

Au “Zen zzz”, les aficionados se glissent dans un lit ou un fauteuil mécanique qui les masse entre 15 et 45 minutes à raison de 7 à 16 euros la séance pour les abonnés.

Verdict : “beaucoup plus qu’une simple sieste et assez tonique !”, dit Marie-Claude Moreschi, “convertie” après deux séances en moins d’une semaine.