Coup de massue sur les transferts d’argent des immigrés tunisiens en Libye!

Par : Tallel

En 2010, plus de 92.000 Tunisiens ont été enregistrés à l’ambassade de Tunisie à
Tripoli. Cependant, il est probable que le nombre total de Tunisiens résidents
en
Libye soit beaucoup plus élevé, étant donné qu’ils n’ont pas besoin de visa
ou de permis d’entrée en Libye et que plusieurs d’entre eux avaient des emplois
non permanents et/ou dans le secteur informel, ce qui réduit les incitations à
s’inscrire dans les bureaux consulaires.

Selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), 41.322
travailleurs tunisiens sont déjà rentrés depuis le mois de février 2011. La
grande majorité travaillait dans le secteur de la construction et l’exploitation
pétrolière, et certains immigrés ont créé leurs petites entreprises ou exercent
des métiers d’artisans (pâtissiers, boulangers, etc.). Le retour des migrants
affectera par conséquent le volume des envois de fonds des travailleurs
tunisiens en Libye, qui s’élevait à plus de 50 MDT en 2009 .

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Le tableau 3 montre le montant total des envois de fonds des travailleurs
tunisiens en Libye. Cependant, ces chiffres doivent être considérés avec
précaution car ils risquent d’être sous-estimés, en raison du fait que les
opérations ne passent pas nécessairement à travers les comptes de la Banque
centrale de Tunisie, d’une part, et du nombre important des travailleurs dans le
marché informel, d’autre part. Des études ont montré que les envois de fonds
sont généralement 2 fois et demie plus élevés que ceux publiés officiellement.
Selon cette hypothèse, les fonds envoyés seraient alors de l’ordre de 125 MDT.

Le taux de chômage élevé en Tunisie (14,2% en 2010), en particulier celui des
jeunes (25,4%) représente un défi majeur pour le pays. De ce fait, le retour des
migrants est susceptible d’augmenter les pressions sur le marché du travail. Les
effets de long terme dépendront de la facilité des rapatriés à trouver un emploi
ainsi que de l’évolution future de la situation économique en Tunisie.

Toutefois, l’impact à court terme est plus facile à évaluer. En effet, le coût
du programme de compensation mis en place par le gouvernement Tunisien s’élève à
20 MDT. Ce programme consiste à accorder la somme de 600 DT à chaque rapatrié.
Par conséquent, l’effet combiné de la perte des envois de fonds et le coût des
subventions peut varier de 70 MDT à 145 MDT, si l’on considère les chiffres
officiels et si l’on tient compte de ceux estimés précédemment. Les deux
scénarios impliquent un arrêt total des envois de fonds.

(Source :
BAD)