Les crises dans le monde n’entament pas le moral de la croisière

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Un paquebot Costa dans le port Civitavecchia en Italie, le 27 mars 2009 (Photo : Vincenzo Pinto)

[03/07/2011 08:45:22] TRIESTE (Italie) (AFP) Printemps arabe, accident nucléaire au Japon, crise économique ou prix des carburants à la hausse n’entament pas le moral des patrons de Carnival, leader mondial américain du secteur, et de sa filiale italienne, Costa Croisières.

Surtout quand il s’agit de lancer le nouveau fleuron du leader européen, samedi à Trieste (Italie), le “Costa Favolosa”. Ils préfèrent vanter ses charmes et assurer que la croisière a encore un “beau futur” devant elle.

Pourtant, les événements géopolitiques récents et la hausse des carburants ont déjà eu “un impact sur les marges” depuis le début de l’année, admet à l’AFP Micky Arison, patron du groupe basé à Miami (Floride).

“Les prix sont orientés à la baisse depuis la crise financière. Avec en plus la hausse des carburants, vous avez une pression qui ne se relâche pas mais nous sommes financièrement forts et rentables”, ajoute dans un large sourire Micky Arison.

Le groupe compte dans son giron outre Costa, les compagnies Carnival, P&O, Holland America, Seabourn, Princess Cruises, Cunard, etc, et totalise 101 navires.

Le succès des croisières a gagné le monde depuis quelques années, bénéficiant d’un changement d’image. L’Europe a franchi l’an dernier pour la première fois la barre des 5 millions de passagers (5,45 exactement contre 4,9 millions en 2009), loin encore derrière les croisiéristes américains estimés entre 10 à 12 millions.

Ainsi, le nombre de passagers transportés par le groupe Costa (avec ses filiales allemande et espagnole) est passé entre 2000 et 2010 de 363.000 à 2,89 millions, tandis que son chiffre d’affaires a grimpé de 572,4 millions d’euros à 2,9 milliards. Onze bateaux auront été lancés entre 2010 et 2012 par la seule compagnie, au terme d’un plan d’expansion global d’un montant de 9,6 milliards d’euros.

Pour séduire un plus large public, l’offre s’est modernisée avec des paquebots qui s’affichent comme des clubs de vacances familiaux à part entière avec spas, casino, équipements et jeux dernier cri.

Le patron de Costa Croisières Pier Luigi Foschi reconnaît qu’aujourd’hui “la croisière attire des consommateurs qui n’avaient jamais pensé à elle comme à un produit de vacances”.

Les prix ont aussi été revus à la baisse grâce à des économies d’échelle rendues possibles par des bateaux plus grands: les derniers-nés, dont le “Costa Favolosa” (d’un coût de 510 millions d’euros) lancé samedi, accueillent jusqu’à 3.800 passagers.

Les itinéraires ont été multipliés en Méditerranée, deuxième destination mondiale après les Caraïbes, en Europe du Nord, et dernièrement au Moyen Orient et en Asie.

Costa s’est aussi installé récemment en Chine avec la mise en place d’un bateau. Dès l’an prochain, “le bateau sera plus grand”, annonce M. Foschi, qui lorgne sur le potentiel de clientèle “le plus grand au monde”.

Mais pour l’instant, explique-t-il, “on établit la marque pour être prêts d’ici 10-15 ans quand la demande va monter”.

La croisière doit néanmoins relever de nouveaux défis, à l’image de n’importe quel tour-opérateur, comme être capable de modifier rapidement des itinéraires en cas de révolution dans un pays, se souvient Georges Azouze, patron de Costa Croisières France.

L’environnement constitue un autre enjeu majeur. Les navires mettent en place des politiques d’économies d’énergie et de réduction de leur impact. Les réglementations sont aussi “de plus en plus dures”, reconnaît Micky Arison, comme l’obligation à l’horizon 2015-2020 de baisser la teneur en soufre des carburants. Mais pour l’instant, “la technologie n’est pas encore là”, lâche-t-il.