Tunisie : Aujourd’hui, un 14 janvier Bis… pour que l’Etat reste débout


manefestation-24012011-art.jpgLa Révolution nous a unis ce fameux 14 janvier pour chasser le dictateur. Elle
nous appelle à nous unir ce 25 janvier pour la protéger. Et, empêcher que
s’installe le vide politique, porte ouverte à tous les dangers. Ce rendez-vous
avec l’Histoire est le rendez-vous du Destin. Combattants de la Démocratie,
manifestez-vous !

Il faudrait que la même mobilisation du 14 janvier se reproduise aujourd’hui sur
la même avenue Bourguiba, devenue notre champ de l’honneur. Le Peuple, debout,
comme un seul homme, a triomphé de la dictature. Nous avons créé une ola à
travers le pays pour faire aboutir la révolution. Il faut empêcher que les
irréductibles la fassent trébucher, par leur jusqu’au-boutisme.

L’Etat doit rester debout

Nous réclamions une rupture avec le passé. Le gouvernement d’Union nationale a
tourné la page. Il représente une démarcation nette et franche avec le pouvoir
déchu. Le gouvernement actuel ne comporte peut-être pas toutes les composantes
du paysage politique. Il ne les a pas intégrées toutes. Certaines d’entre elles
n’ont pas de structures organisées. Qu’à cela ne tienne. Et d’autres, qui ont
été retenues, ont préféré prendre leurs distances. Libres à elles… Cependant, il
bénéficie d’une large majorité dans notre pays. Et nous allons le prouver
aujourd’hui dans la rue. Dans toutes les démocraties du monde, c’est le fait
majoritaire qui est en vigueur. Soyons cohérents avec nous-mêmes.

Par ailleurs, ce gouvernement possède désormais un plan d’action. C’est à
présent le seul terrain sur lequel on peut l’interpeler. Or il se trouve que ce
plan d’action est déjà en cours d’application. Et il est crédible.

Quelle finalité à l’acharnement contestataire?

Les priorités avancées par le gouvernement actuel sont en bonne intelligence
avec l’idéal de la révolution ainsi que de l’intérêt supérieur de la nation.
Nous devons les soutenir. Nous sommes en train d’avancer, à pas sûrs vers la
démocratie. Focaliser le débat politique sur le départ des ministres du RCD est
suicidaire. On ne peut pas contester des ministres en raison de leur coloration
politique. On ne peut exclure et discriminer et à la fois désirer la démocratie.

Le contrat entre le peuple et le gouvernement porte sur le plan d’action
politique économique et sociale qui est déjà en cours. Saboter son entrée en
application, par des appels à la grève, est tout aussi contreproductif et
favorise le vide politique. Or, ce péril pourrait faire péricliter le char de la
révolution.

N’importe qui serait tenté de faire un hold-up sur notre acquis le plus précieux
et notre seul et unique rempart contre les forces du mal, l’Etat. Nous n’avons
pas le droit de laisser l’Etat atterrir entre les mains des forces de la
contrerévolution. Il est par conséquent de notre devoir de nous mobiliser
aujourd’hui pour le préserver.