[06/04/2009 13:03:21] MOSCOU (AFP)
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| ésident de la Douma d’Etat Boris Gryzlov, le 6 avril 2009 à Moscou (Photo : Alexey Sazonov) |
Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a averti lundi ses concitoyens que l’année 2009 serait “très difficile” mais a assuré que le “pire” avait été évité en Russie et que la crise serait “surmontée”.
“L’année 2009 sera très difficile pour nous”, a déclaré M. Poutine en rendant compte de sa politique devant la Douma pour la première fois depuis qu’il a pris la tête du gouvernement en mai 2008, après l’élection de Dmitri Medvedev au Kremlin.
La crise économique mondiale est “loin d’être finie”, a-t-il ajouté, évoquant de “nombreuses menaces” encore présentes.
M. Poutine a toutefois tenu à rassurer ses concitoyens, toujours traumatisés par la crise de 1998 qui a ruiné les épargnants, en dressant un bilan élogieux de l’année 2008 –avec un taux de croissance de 5,6%– et en écartant les scénarios catastrophes.
“Nous avons réussi à éviter les pires scénarios. Les coups portés par la crise ont été, autant que possible, atténués”, a-t-il dit.
“Le risque d’effondrement du système bancaire russe a diminué, mais il était réel et tout près de se produire”, a-t-il notamment souligné, en rappelant que l’Etat avait soutenu les banques, afin de protéger l’épargne des citoyens.
“La Russie surmontera la crise, le pays conservera sa place parmi les grandes économies de ce monde”, a insisté le chef du gouvernement.
Le ministre russe des Finances, Alexeï Koudrine, a prédit dernièrement une deuxième vague de problèmes dans le secteur financier, tout en soulignant qu’il n’y aurait pas de faillites majeures de banques.
M. Poutine a présenté dans ce contexte un nouveau paquet de mesures anticrise –avec un déficit budgétaire de 3.000 milliards de roubles (66,9 mds d’euros)– qui devait être approuvé dans la foulée en première lecture par la Douma.
Le budget 2009 témoigne d’une politique économique et sociale “réaliste”, qui doit “cumuler des mesures anticrise et des projets à long terme”, a-t-il souligné, en assurant que tous les programmes sociaux seraient maintenus.
“Il faut épargner et augmenter nos réserves. Les réserves en or et en devises augmentent et ont atteint 380 milliards (de dollars)”, a ajouté le Premier ministre.
M. Poutine a répété par ailleurs que l’économie russe, qui repose en grande partie sur l’exportation de matières premières, était pieds et poings liés à la conjoncture mondiale.
“La Russie pouvait-elle rester à l’écart de la crise ? Bien sûr que non, ce n’était pas possible, c’était une illusion”, a-t-il martelé.
Le produit intérieur brut (PIB) russe a chuté de 7% au premier semestre 2009, contre une croissance record de 8,5% pour la même période de l’année précédente.
Le Premier ministre a aussi averti que les “tentatives d’exclure la Russie” d’accords énergétiques seraient “contreproductives”, dans une allusion à la déclaration signée le 23 mars par l’UE et Kiev sur la rénovation des gazoducs ukrainiens.
“Les tentatives d’exclure la Russie du processus de prise de décisions importantes, et surtout dans le domaine de l’énergie, (les tentatives) d’ignorer ses intérêts légitimes, sont contreproductives”, a-t-il lancé.



