Chômage : un G8 social à Rome sur les “conséquences humaines” de la crise

photo_1238306114372-1-1.jpg
à Rome (Photo : Tiziana Fabi)

[29/03/2009 06:03:49] ROME (AFP) Les ministres du Travail du G8 et de plusieurs pays émergents se retrouvent à partir de dimanche à Rome pour débattre des “conséquences humaines” de la crise financière et d’un “pacte global de protection sociale” face à la montée en flèche du chômage.

“Ce G8 est le tout premier à se pencher sur l’impact social de la crise. On peut même le qualifier de véritable +sommet social+ car six autres pays vont participer à certains débats: la Chine, l’Inde, le Brésil, le Mexique, l’Afrique du sud et l’Egypte”, a annoncé jeudi le ministre italien du Travail, Maurizio Sacconi.

Intitulé “+People First+ – Affronter ensemble la dimension humaine de la crise”, ce G8 élargi verra également la participation de l’OSCE, le FMI et l’Organisation internationale du Travail (OIT).

“+People First+, n’est pas une appellation rhétorique mais veut souligner que lorsqu’on se préoccupe autant des banques en faillite, on ne peut pas oublier les gens”, a déclaré M. Sacconi lors d’une conférence de presse.

photo_1238306419033-1-1.jpg
ère italien de la Fonction publique, le 28 mars 2009 à Rome (Photo : Tiziana Fabi)

L’Italie, qui préside le G8, va proposer aux pays participants de discuter d’un “Pacte global de protection sociale” qui offrirait “des garanties aux personnes déjà touchées par la crise ainsi qu’à celles qui pourraient l’être”, a dit le ministre, sans donner davantage de précisions.

Selon le Bureau international du travail (BIT), le chômage a touché plus de 200 millions de personnes dans le monde en 2008.

“Nous nous trouvons face à une crise à la fois financière, économique et sociale, et l’attention des gouvernants doit se porter sur ces trois crises à la fois”, a déclaré à l’AFP le directeur adjoint du BIT, Philippe Egger.

Dans ses prévisions annuelles publiées en janvier, l’institut avait estimé que la crise pourrait augmenter de 51 millions le nombre de chômeurs pour 2008 et 2009. Des chiffres qui doivent cependant être révisés en tenant compte de la projection de la récession (de -0,5% à -1%) désormais prévue par le FMI.

Cette contraction plus sévère que prévue “va bouleverser de façon spectaculaire le chômage dans de nombreux pays” et “menace de jeter des millions de personnes dans la pauvreté”, s’est alarmé lundi le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn.

Une situation qui, selon lui, pourrait non seulement conduire à des troubles sociaux mais aussi alimenter des guerres: “ceci peut constituer la racine d’agitation sociale, menacer la démocratie et peut-être même, dans certains cas, se terminer en guerre”, a-t-il avancé.

Dominique Strauss-Kahn a assuré que le Fonds monétaire international allait désormais poser une nouvelle “conditionnalité sociale” pour l’octroi de ses prêts: “une partie de l’aide devra être utilisée pour protéger les plus vulnérables” notamment avec des “filets de sécurité” sociaux, a-t-il martelé.

photo_1238306498018-1-1.jpg
Deux SDF dans une rue de Rome durant une manifestation anti-G8, le 28 mars 2009 (Photo : Tiziana Fabi)

Les dirigeants de l’Union européenne ont annoncé le 20 mars qu’ils renonçaient à organiser un sommet européen extraordinaire sur l’emploi en mai et qu’ils se contenteraient d’une rencontre restreinte entre la présidence de l’UE, la Commission européenne et les partenaires sociaux.

Une décision critiquée par le président de la commission européenne José Manuel Barroso, qui s’est dit “déçu” que les 27 Etats membres ne “consacrent pas le temps nécessaire à parler ensemble de ce qui est, après tout, le problème central des citoyens européens face à la crise”.