Les marchés d’Asie plongent face au déluge de mauvaises nouvelles

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évrier 2009 à Tokyo (Photo : Yoshikazu Tsuno)

[02/03/2009 06:56:41] TOKYO (AFP) Les marchés asiatiques ont fortement chuté lundi dans le sillage de Wall Street, emportés par un déluge de mauvais indicateurs économiques partout dans le monde et par des craintes croissantes pour la santé de plusieurs grandes banques occidentales.

Sur le marché des changes, l’euro perdait du terrain lundi face au dollar et au yen, après le rejet dimanche par les dirigeants européens de l’idée d’un grand plan d’aide pour l’Europe de l’Est face à la crise.

La plupart des grandes places financières d’Asie-Pacifique ont suivi le chemin de la Bourse de New York, qui avait terminé vendredi soir à son plus bas niveau depuis 12 ans, le Dow Jones ayant perdu 1,66% et le Nasdaq 0,98%.

A la Bourse de Tokyo, l’indice Nikkei a terminé la séance de lundi sur un plongeon de 3,81%. Les pertes étaient également sévères à Hong Kong, où l’indice Hang Seng lâchait 3,83% à la mi-séance, et à Séoul qui a dévissé de 4,16% en clôture. Sydney a terminé sur une chute de 2,82%.

Epargnée, la Bourse de Shanghai ne perdait que 0,37% en milieu de journée. Les pertes ont également été limitées à Manille, qui a clôturé en baisse de 0,84%. En début d’après-midi, Singapour perdait 3,16% et Bombay 2,36%.

Comme leurs homologues occidentaux vendredi, les investisseurs asiatiques ont réagi à l’annonce d’une contraction de 6,2% de l’économie des Etats-Unis au quatrième trimestre, contre 3,8% initialement annoncés. La prise de contrôle par le Trésor américain de jusqu’à 36% du capital de la banque Citigroup a également fortement pesé sur le moral des marchés de la région.

La journée de lundi a également apporté son lot d’indicateurs désastreux en Asie. En Corée du Sud, la production industrielle a subi en janvier une chute record de 25,6% sur un an, ravagée par le recul des exportations de semiconducteurs et d’automobiles. Au Japon, le marché automobile s’est effondré de 32,4% en février.

“Il n’y a tout simplement aucune bonne nouvelle”, a déclaré à Dow Jones Newswires David Halliday, directeur associé chez Macquarie Private Wealth. “L’économie américaine traverse sa plus mauvaise passe depuis 50 ou 60 ans, alors il n’y a aucune raison pour que les actions montent”, a-t-il ajouté.

Les investisseurs attendaient la publication lundi (08H00 GMT) des résultats annuels du géant bancaire britannique HSBC. Selon le Financial Times, le groupe pourrait annoncer à cette occasion une augmentation de capital géante de plus de 17 milliards de dollars (13,4 milliards d’euros), qui montrerait les limites de sa résistance à la crise.

“Si les résultats de HSBC s’avèrent plus faibles que prévu ou s’il annonce un appel de fonds, le prix de son action continuera à sombrer et cela entraînera les autres valeurs financières”, a prédit Peter Lai, directeur des ventes chez DBS Vickers.

L’assureur américain AIG devrait quant à lui annoncer (11H00 GMT) une perte annuelle abyssale, peut-être la pire de l’histoire pour une entreprise américaine. Selon le Wall Street Journal, il est parvenu à un accord avec les autorités pour obtenir 30 milliards de dollars de plus de fonds publics.

Sur le marché des changes, l’euro est retombé largement sous le seuil des 1,26 dollar et des 123 yens en début d’après-midi en Asie, après le sommet européen extraordinaire du weekend.

Craignant de voir “un nouveau rideau de fer” couper l’Europe en deux, le Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsany a plaidé dimanche à Bruxelles pour un grand programme de soutien aux douze pays entrés dans l’Union européenne depuis 2004, doté de jusqu’à 190 milliards d’euros. Mais sa demande a été écartée par la plupart de ses partenaires.

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