[07/07/2008 21:22:22] BRUXELLES (AFP) La croissance en zone euro s’annonce beaucoup plus “mauvaise” au second trimestre qu’au premier et risque d’être en-deçà des prévisions au second semestre, sur fond de flambée des prix du pétrole, ont prévenu lundi soir le président de l’Eurogroupe et la Commission européenne. “Le constat est que le deuxième trimestre sera autrement plus mauvais que ne le fut le premier trimestre”, où le Produit intérieur brut (PIB) avait crû de 0,8% par rapport au précédent, a indiqué le président du forum des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe), le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker. “Les signes de ralentissement de la croissance se multiplient”, notamment “au niveau des indices de confiance”, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion de ce forum, qu’il préside, à Bruxelles. Et cette tendance ne devrait pas s’arrêter. “Pour ce qui est de la deuxième partie de l’année, on ne doit pas être très optimiste, les risques de ralentissement sont plus forts que ce qui était prévu au mois d’avril” lors des dernières prévisions de la Commission européenne, a ajouté le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia. Dans ses dernières prévisions de croissance publiées en avril, la Commission tablait sur une progression du PIB de la zone euro de 1,7% cette année et de 1,5% en 2009. M. Almunia n’a pas voulu spéculer sur une éventuelle correction en baisse des pronostics, mais la dégradation de la conjoncture fait craindre que cela ne soit inéluctable. La flambée des prix du pétrole pèse sur moral des ménages et des entreprises. “Nous sommes tous inquiets de l’évolution de l’inflation. Elle reste une préoccupation non seulement pour l’autorité monétaire (la Banque centrale européenne, ndlr) mais aussi pour l’autorité politique”, a dit M. Juncker. La hausse des prix à la consommation a atteint un record de 4% sur un an en juin. M. Almunia a précisé que cette hausse trouvait son origine pour un tiers dans la progression des prix de l’énergie, pour un autre tiers dans l’augmentation des tarifs des produits alimentaires et pour un dernier tiers dans les autres produits, principalement les services. Avant le début de la réunion de l’Eurogroupe, la ministre de l’Economie française Christine Lagarde, dont le pays préside l’UE, avait jugé que le ralentissement en cours de la croissance en zone euro était préoccupant. “Le ralentissement de la croissance est clairement un sujet de préoccupation, sur lequel nous devons nous pencher très sérieusement en vue d’essayer de stimuler la croissance, tout en essayant dans le même temps de stabiliser les prix”, avait-elle déclaré à la presse à son arrivée. “Les deux questions (la croissance et l’inflation) sont liées et nous devons agir sur les deux fronts”, avait-elle ajouté. |
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