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Bernard Jacquelin, directeur de PSA Peugeot Citroen le 8 juin 2008 devant une 308 (Photo : Sebastien Bozon)

[07/07/2008 15:09:42] PARIS (AFP) Dans un contexte de morosité du marché automobile européen et d’envolée des prix des matières premières, les constructeurs français Renault et PSA Peugeot Citroën pourraient être amenés à revoir à la baisse les objectifs ambitieux de leurs plans stratégiques.

Comme d’autres constructeurs automobiles européens, ils devraient subir à terme les effets d’une consommation en berne, de l’envolée des prix du pétrole et de l’acier ainsi que du niveau élevé de l’euro qui pénalise les exportations, selon les analystes.

Si le marché français a fait mieux que la moyenne des pays européens au premier semestre, avec une hausse des ventes de 4,5%, notamment grâce au bonus écologique, il ne devrait pas échapper au coup de frein attendu dans le secteur automobile.

Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, prévoit “une rentrée difficile” sur le marché automobile français, qui représente environ un quart des ventes du groupe, en raison de la chute de confiance des consommateurs.

Si le marché européen, surtout en Espagne et Italie, donne des signes d’essoufflement, les ventes de voitures en Europe de l’Est, en Inde ou en Chine devraient continuer à croître. Mais là aussi, la croissance est suspendue à l’envolée des prix des carburants, jugent les analystes.

Le plan Contrat 2009, annoncé par Carlos Ghosn en février 2006, est “objectivement hors d’atteinte”, affirme Igor Pruniaux, analyste de CM-CIC Securities, qui estime que les coûts des matières premières pourraient tripler en 2009.

La facture de l’acier du groupe s’est alourdie d’un milliard d’euros en 2008 par rapport à 2005, “c’est à peu près 50% de la totalité du profit de Renault”, selon son PDG.

Les analystes doutent de la capacité du groupe à respecter les deux engagements phare du plan, à savoir la vente de 3,3 millions de véhicules en 2009, soit 800.000 de plus qu’en 2005, et une marge opérationnelle de 6% du chiffre d’affaires.

Renault “ne se prononcera pas avant la publication des résultats financiers semestriels le 24 juillet”, s’est contentée d’indiquer une porte-parole.

“Carlos Ghosn a toujours dit dans le passé qu’il y aura un plan B si le plan A ne fonctionne pas, faute de croissance. Renault va restructurer le groupe et ajuster les effectifs pour baisser les coûts”, pronostique Gaëtan Toulemonde, analyste chez Deutsche Bank.

Quant au groupe PSA Peugeot Citroën, il “semble encore capable de résister à une année 2008 de plus en plus difficile”, mais “les risques s’accumulent sur le secteur et rendent de plus en plus probable la dégradation de la marge de PSA en 2009”, prévient Igor Pruniaux.

D’où des doutes sur le respect des objectifs du plan Cap 2010, présenté en septembre 2007 par le président de PSA, Christian Streiff: il table sur la vente de 4 millions de véhicules en 2010, contre 3,37 millions en 2006, et vise une marge opérationelle de 5,5 à 6% du chiffre d’affaires.

M. Streiff, qui se remet d’un malaise subi fin mai, présentera les comptes semestriels le 23 juillet et “confirmera ou non les prévisions pour 2008” à cette occasion, a indiqué un porte-parole du groupe. En février, PSA avait tablé sur une hausse de 5% de ses ventes annuelles.

En attendant, PSA présentera mardi ses chiffres semestriels de ventes dans le monde, un exercice auquel Renault se livrera mercredi.

PSA avait réussi à se redresser en 2007, multipliant par cinq son bénéfice net à 885 millions d’euros, grâce à la croissance de ses ventes et à une vigoureuse réduction des coûts, qui a engendré plus de 10.000 suppressions de postes.

 07/07/2008 15:09:42 – Â© 2008 AFP