UIMM : le patron de Peugeot succède à Gautier-Sauvagnac et promet le “renouveau”

 
 
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Le directeur général de Peugeot Frédéric Saint-Geours lors d’une conférence de presse, le 11 septembre 2007 à Francfort (Photo : John MacDougall)

[20/12/2007 15:57:27] PARIS (AFP) L’UIMM a élu jeudi son nouveau président, Frédéric Saint-Geours , qui se pose en homme du “renouveau” et aura pour tâche de tourner la page de la présidence de Denis Gautier-Sauvagnac, entachée par l’affaire des retraits de fonds suspects au sein de l’organisation patronale.

M. Saint-Geours, qui doit quitter ses fonctions de directeur général de Peugeot le 1er janvier, a été élu au second tour par le conseil de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie face à Jean-Jacques Leguay, président de l’UIMM Alsace.

Les deux autres candidats, Jean-Paul Béchat, ex-patron de Safran, et Yvon Jacob, président de la Fédération des industries mécaniques et ancien adversaire malheureux de Laurence Parisot pour la présidence du Medef, avaient été éliminés lors du premier tour.

“Je suis là pour être le président du renouveau de l’UIMM” et pour “garantir l’équilibre et l’unité” de l’organisation, a déclaré à l’AFP M. Saint-Geours, juste après son élection.

Ses premiers chantiers concerneront “les statuts et la partie financière, ainsi que le recrutement d’un délégué général”, a-t-il ajouté.

Denis Gautier-Sauvagnac avait démissionné le 15 novembre de la présidence de l’UIMM, après avoir été mis en cause dans une affaire de retraits suspects en liquide de 19 millions d’euros des caisses de la puissante organisation patronale.

Il est visé par une information judiciaire ouverte pour abus de confiance et pourrait se voir signifier sa mise en examen par le juge Roger Le Loire, qui l’a convoqué le 15 janvier.

Il reste toutefois délégué général de l’organisation, un poste-clef qu’il doit quitter en 2008 pour prendre sa retraite. Pour recruter un successeur à “DGS” à ce poste, M. Saint-Geours compte “lancer une vraie procédure de recrutement” avec “un chasseur de tête”, a-t-il indiqué.

Le délégué général a un rôle important dans la direction de l’institution et mène les négociations pour la métallurgie, représentant ainsi les intérêts de 45.000 entreprises et de deux millions de salariés.

Le nouveau président devra également améliorer la transparence financière de l’organisation, comme tous les candidats s’y étaient engagés, avec la publication de comptes certifiés dès 2008.

Il aura aussi à gérer la caisse de plusieurs centaines de millions d’euros constituée par l’UIMM, un “trésor de guerre” amassé depuis le début des années 70 pour aider les entreprises à faire face aux conflits sociaux.

Laurence Parisot, la présidente du Medef, dont l’UIMM est la principale et la plus influente fédération, a profité de “l’affaire DGS” pour dénoncer “une certaine logique et une conception des relations sociales qui sont totalement dépassées”, et obliger ses adhérents à publier des comptes certifiés.

M. Saint-Geours, qui a pris ses fonctions à la tête de l’UIMM dès jeudi, assure qu’il va “consacrer beaucoup de temps” à sa nouvelle fonction.

A compter du 1er janvier, il deviendra conseiller du président du directoire de PSA Christian Streiff, qui l’a écarté de la direction générale de Peugeot.

Réputé homme de consensus, M. Saint-Geours devra aussi trouver un équilibre entre les PME et les grandes entreprises (Areva, Renault ou PSA), au sein d’une organisation dont les activités recouvrent un très large éventail, allant de la sidérurgie et la fonderie aux industries aéronautiques et spatiales en passant par l’électronique et l’informatique.

 20/12/2007 15:57:27 – © 2007 AFP