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La tour de la banque Citigroup à New York (Photo : Don Emmert)

[11/12/2007 22:53:25] WASHINGTON (AFP) Citigroup a choisi dans ses propres rangs les dirigeants qui devront mener à bien le redressement de la première banque américaine par les actifs, en nommant directeur général Vikram Pandit, son actuel responsable de la clientèle institutionnelle.

Sir Win Bischoff, ancien responsable des activités de la banque en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, va remplacer l’ancien secrétaire au Trésor Robert Rubin, qui assurait l’intérim à la tête du conseil d’administration, a précisé Citigroup dans un communiqué publié mardi.

Citigroup était à la recherche de nouveaux dirigeants après la démission, début novembre, de son PDG Chuck Prince, limogé après les énormes dépréciations d’actifs rendues nécessaires par l’exposition de la banque au secteur des emprunts hypothécaires à risque (“subprime”).

Les possibles candidats extérieurs –la presse avait mentionné la piste de Josef Ackermann, patron de la banque allemande Deutsche Bank– avaient finalement préféré jeter l’éponge devant l’ampleur de la tâche.

Citigroup, qui a déjà passé par pertes et profits 3 milliards d’actifs au troisième trimestre, a avoué qu’il lui faudrait encore effacer de ses comptes jusqu’à 11 milliards de dollars au titre du quatrième trimestre.

La banque a pris cinq semaines pour sélectionner ses nouveaux dirigeants, une durée qui peut paraître très longue dans le contexte actuel de grande volatilité des marchés financiers. Le renflouement de la banque à hauteur de 7,5 milliards de dollars par l’émirat d’Abou Dhabi, annoncé il y a deux semaines, a ainsi été entériné par une équipe transitoire.

La presse économique américaine annonçait depuis quelque temps déjà que la piste interne était privilégiée pour la succession de M. Prince.

Une piste interne toutefois toute relative.

M. Pandit est entré chez Citigroup en juillet seulement, lorsque le groupe a racheté son fonds d’investissement Old Lane Partners. Il avait auparavant occupé de hautes fonctions à la banque d’affaires Morgan Stanley.

M. Pandit, un diplômé de l’université newyorkaise de Columbia unanimement salué pour sa vivacité intellectuelle, est le premier dirigeant d’origine indienne à atteindre une position aussi éminente à Wall Street.

Pour expliquer le choix du conseil d’administration, son président Robert Rubin a relevé “la grande expérience de dirigeant” de M. Pandit, en dépit de son relatif jeune âge (50 ans), associée à une grande capacité d’analyse stratégique. “Il a gagné le respect des gérants, comme des responsables du conseil d’adminstration, pour son intelligence incisive et pour sa capacité à prendre en compte risques et opportunités en prenant et en mettant en oeuvre des décisions difficiles”, a fait valoir M. Rubin.

Sir Win Bischoff, 66 ans, est lui aussi entré chez Citigroup à la faveur d’un rachat: la reprise, en 2000, de la banque d’affaires britannique Schroders dont il était alors président.

Le conseil d’administration a choisi comme prévu la solution d’un tandem à la tête de la banque, sensible à l’argument que M. Pandit n’avait pas une connaissance assez approfondie de l’ensemble des activités tentaculaires de l’établissement, en particulier dans la banque de détail.

Mais la solution la plus couramment évoquée –la prolongation du mandat de M. Rubin à la tête du “board”– n’a finalement pas été retenue. L’ancien secrétaire au Trésor de l’administration Clinton “retournera à ses fonctions antérieures, comme membre du conseil d’administration de Citigroup et président de son comité exécutif”, précise le communiqué.

 11/12/2007 22:53:25 – © 2007 AFP