[06/06/2007 18:06:10] ACCRA (AFP) L’Américain Robert Zoellick, désigné par Washington pour succéder fin juin à Paul Wolfowitz à la tête de la Banque mondiale, a entamé mercredi au Ghana une première tournée africaine au moment où les puissances du G8 discutent de la politique d’aide au continent noir. M. Zoellick, qui se rendra également en Ethiopie, en Afrique du Sud puis en Europe, au Mexique et au Brésil, a rencontré à Accra les ministres des Finances de quatre pays ouest-africains: Ghana, Burkina Faso, Côte d’Ivoire et Sénégal. Selon le ministre ghanéen Kwadjo Baah-Wiredu, cette première prise de contact du prochain patron de la BM avec de futurs interlocuteurs a été “bonne” et centrée sur le financement de projets d’infrastructures. “Je souhaite avoir de larges consultations avec des collègues potentiels, des experts, des partenaires des banques et des actionnaires sur des questions de développement, de croissance durable et sur la lutte contre la pauvreté”, avait déclaré Robert Zoellick dans un communiqué avant de quitter Washington lundi. L’Afrique n’est pas une terre inconnue pour Robert Zoellick: entre janvier 2005 et juin 2006, il avait fait équipe avec la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice et s’était notamment beaucoup impliqué dans la crise du Darfour (ouest du Soudan). “Nous sommes tous d’accord sur la nécessité d’améliorer les infrastructures en Afrique, (la question de) l’électricité a été particulièrement abordée tout comme les questions liées aux routes, télécommunications, transports, etc”, a déclaré à l’AFP le ministre ghanéen à l’issue de la réunion. Il a cité l’exemple du barrage Inga sur le fleuve Congo, déclarant qu’il avait la capacité d’alimenter toute l’Afrique avec 34.000 megawatts mais que cela nécessitait un investissement d’environ 80 milliards de dollars (55 milliards d’euros). “Vous voyez bien que nous devons mobiliser plus”, a commenté le grand argentier du Ghana. Il a ajouté qu'”à ce stade il s’agissait juste d’un briefing”. La nomination de l’ancien vice-président de Goldman Sachs à la tête de la Banque mondiale “doit être confirmée. Quand il sera confirmé dans ses fonctions, nous travaillerons tous à cet objectif”, a-t-il dit. M. Zoellick ne rencontrera pas le président ghanéen John Kufuor qui se trouve actuellement à Heiligendamm (nord-est de l’Allemagne) pour le sommet du G8 des pays les plus industrialisés où, selon certaines sources, l’aide à l’Afrique ne fait pas l’unanimité. Selon un haut responsable d’une délégation participante, certains pays du G8 “ne veulent pas soutenir” une augmentation de l’aide à l’Afrique” et “sont fatigués du dossier des promesses d’aide à l’Afrique”. Nombre d’organisations et d’institutions, dont précisément la Banque mondiale, ont accusé le G8 de ne pas respecter l’engagement, pris lors du sommet de Gleneagles (Ecosse) en 2005, de doubler son aide annuelle aux pays pauvres d’ici à 2010, pour arriver cette année-là à 50 milliards de dollars en plus, dont 25 milliards pour l’Afrique. Le pape Benoît XVI a lui-même appelé mercredi les membres du G8 à respecter leurs promesses d’aide au développement envers l’Afrique. Pour son dernier sommet du G8 avant son départ le 27 juin, le Premier ministre Tony Blair espère lui aussi des engagements plus fermes sur l’aide à l’Afrique, en clair la réaffirmation des engagements pris à Gleneagles. Robert Zoellick devait quitter Accra mercredi soir pour Addis Abeba. |
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