[06/06/2007 13:54:45] MOSCOU (AFP) Le groupe italien Enel est entré mercredi au capital du producteur d’électricité russe OGK-5, devenant ainsi l’un des premiers étrangers à prendre pied sur ce marché en pleine métamorphose et très convoité. Enel a emporté 25,03% du groupe pour 39,2 milliards de roubles (1,12 milliard d’euros) lors d’une vente aux enchères organisée par son propriétaire, le monopole russe de l’électricité SEU, dans le cadre d’une vaste réforme du marché de l’électricité dans le pays. Celle-ci vise à rénover un système en grande partie vétuste, hérité de l’URSS, en y attirant des capitaux privés (les besoins totaux sont estimés à quelque 120 milliards de dollars) afin de faire face à une forte hausse de la demande. OGK-5 est l’une des six entreprises “grossistes” de production d’électricité en Russie. Elle s’appuie sur des centrales thermiques issues de la partie de SEU vouée à la privatisation. Etablie en 2004, elle est implantée essentiellement en Russie européenne et dans la région de l’Oural, qui figurent parmi les régions les plus développées et affichent les plus forts taux de croissance du pays, se félicite Enel. Elle détient quatre centrales thermiques, d’une capacité de production totale de 8.700 mégawatts. Enel n’est pas tout à fait le premier à pénétrer le marché russe de l’électricité puisque le groupe finlandais Fortum détient un quart du capital de TGK-1, une unité plus petite dans la région de Saint-Pétersbourg (nord-ouest). Mais les analystes estimaient que cette vente aux enchères ferait office de “test” sur la disposition du gouvernement à ouvrir la porte aux étrangers, à rebours de la tendance qu’il affiche par exemple dans le secteur des hydrocarbures. Le groupe italien était opposé à l’allemand EON, au groupe gazier russe Novatek et au producteur russe d’aluminium Rusal, qui a le plus surenchéri après l’italien. Une fois la victoire acquise, Enel a aussitôt fait part de sa volonté de poursuivre sur la même voie. “Bien sûr, nous augmenterons (notre part dans OGK-5)”, a déclaré le directeur de la filiale moscovite d’Enel, Stepan Zveguintsov. Enel n’est lui même pas un nouveau venu sur le marché russe, mais l’investissement consenti dans OGK-5 constitue un changement d’échelle significatif: le groupe détient déjà une part minoritaire dans un producteur d’électricité indépendant, Rusenergosbyt, et gère une centrale nucléaire dans le nord-ouest du pays. En septembre dernier, son patron Fulvio Conti s’était dit prêt à investir quatre milliards d’euros, voire davantage, dans le secteur énergétique en Russie, et avait fait part de son intention d’y trouver “des partenaires dans le charbon et un accès à l’extraction de gaz”. Enel fait aussi partie à hauteur de 40% du consortium qui a acquis en avril l’un des plus gros actifs du groupe pétrolier déchu Ioukos, composé d’une part de 20% du groupe Gazprom Neft. Le consortium s’est toutefois engagé à en revendre l’essentiel au géant gazier russe Gazprom. SEU de son côté s’est félicité du “succès” de l’opération, qui, en valorisant chaque kilowatt à 700 dollars, “bat ainsi tous les records précédents de ce type”, a déclaré son directeur financier Sergeï Doubinine, cité par l’agence Ria Novosti. L’argent ainsi recueilli sera utilisé pour renforcer le réseau central de transport de courant, les centrales hydroélectriques et la réorganisation du holding, a-t-il ajouté. L’Italie et la Russie affichent depuis plusieurs mois leur volonté de renforcer leur coopération énergétique, et Moscou présente volontiers Rome comme un partenaire modèle en Europe dans ce domaine. |
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