Je ne sais pas qui a inventé ce principe mais quand je vais au café ou au restau, je paie cash mais quand je fournis un service ou un équipement, je suis payé au moins à 90 longues journées l’équivalent de 2.160 heures ou 129.600 minutes ; en secondes il devient effarant – presque 8 millions – et durant cette longue longue période il peut se passer des choses :

– 30.000 petits et petites tunisiennes viendront réguler le taux de croissance de la population,
– les touristes auront passé plus de 5 millions de nuitées dans nos hôtels,

– plus de 100.000 tonnes de pains auront été consommé dans le pays,
– plus de 500 accidents se seraient produits sur nos routes,
– le dinar aurait glissé de quelques millimes sur le marché des changes,
– et je ne sais quoi d’autre et pendant ce temps là j’attends,…

J’attends que ma facture suive les circuits administratifs subissent le supplice du tamponnage et jusqu’au jour fatidique où le paiement rejoint le compte bancaire rongé par les agios destructeurs qui la font disparaître aux tréfonds d’un système bancaire on ne peut plus dinarophage et j’attends, j’espère et je subis,…

Il faut payer les salaires, les charges, le loyer,
le téléphone, l’électricité, l’essence, et quoi encore…

Et mon comptable me dit que mes comptes sont bons que je fais du bénéfice ; mais tout ça sur le papier, alors que moi je ne vois ni la couleur ni le papier ni l’odeur de l’argent qui passe…

90 jours, c’est long et c’est usant. De 90 jours en 90 jours on arrive à 6 mois puis à un an de chiffre d’affaires et voire plus…

Et alors c’est la grosse crise d’asthme de l’entreprise et comme généralement les banques ne fournissent plus d’oxygène qu’aux personnes aérées, on passe à la rubrique nécrologique des entreprises en difficultés,… et ça continue on peut toujours se consoler que malgré ses 90 jours l’Etat et les structures privées fiables paient, mais souvent et parfois, votre argent passe avec vous à la trappe, que reste-t-il donc à faire,…

Moi je rêve d’aller encadrer tous mes diplômes et d’aller créer un petit commerce de “CASSES CROUTES”, comme ça chaque soir je rentrerai avec des dinars sonnants et trébuchants et je les regarderai et les recompterai avec plaisir mais le problème il faut que j’apprenne à faire des “CASSES CROUTES” et en attendant je vais au casse pipe …

Publié sur WMC Le Mag n°13