Le tourisme de croisière tunisien pourrait accueillir 445 000 visiteurs en 2027, selon une projection présentée le 16 octobre par une responsable de l’Office de la marine marchande et des ports (OMMP). Après le rebond constaté en 2025, le défi est de transformer les escales des paquebots en dépenses pour l’économie locale.

Une hausse prévue, pas encore acquise

Selon une déclaration de l’OMMP relayée par Mosaïque FM, le nombre de croisiéristes pourrait passer de 355 000 attendus en 2026 à 445 000 en 2027. L’Office avait recensé environ 272 000 visiteurs en 2025, contre 223 000 en 2024. La projection 2027 représenterait ainsi une progression de près de 64 % par rapport à 2025 (calcul WMC). À fin septembre 2026, La Goulette avait déjà accueilli 243 000 croisiéristes, soit 21,5 % de plus qu’un an auparavant.

La Goulette face au défi des capacités

Cette montée en puissance dépend notamment de La Goulette, principale porte d’entrée des croisières. L’OMMP a fait état d’un contrat de 125 millions de dinars pour des travaux de dragage dans plusieurs ports. Selon sa représentante, les opérations à La Goulette devraient débuter début 2027 afin de faciliter l’accueil de navires plus imposants. L’existence du contrat ne garantit toutefois ni le respect du calendrier ni une capacité supplémentaire immédiatement opérationnelle.

Des visiteurs aux recettes : l’enjeu économique

Les effets économiques se joueraient surtout à terre. Excursions guidées, transports touristiques, restauration, musées et artisanat peuvent profiter d’escales concentrées sur quelques heures. Le ministère du Tourisme a également signalé des circuits vers El Jem, Dougga, Kairouan et Sousse, au-delà des visites proches de Tunis. Mais chaque passager débarqué ne se traduit pas automatiquement par une dépense locale : les circuits prépayés et la part revenant aux prestataires tunisiens influencent les recettes réellement captées.

Aucune dépense moyenne vérifiée par croisiériste n’étant disponible dans les sources consultées, chiffrer les retombées en dinars serait spéculatif. Pour apprécier cette reprise, les prochains bilans devront rapprocher les arrivées effectives, le nombre d’excursions vendues, les achats sur place et les recettes des entreprises locales. Le véritable test de 2027 sera autant économique que portuaire.

CHIFFRES CLÉS

  • 223 000 croisiéristes environ en 2024, selon l’OMMP.
  • 272 000 croisiéristes environ en 2025, soit une hausse de 22 % selon l’Office.
  • 243 000 croisiéristes à La Goulette à fin septembre 2026.
  • 355 000 croisiéristes prévus pour l’ensemble de 2026.
  • 445 000 croisiéristes projetés en 2027.
  • 125 millions de dinars : montant du contrat annoncé pour les travaux de dragage portuaire.

OMMP