Le groupe algérien Sonatrach développe à Skikda un complexe pétrochimique destiné à produire 100 000 tonnes par an d’alkylbenzène linéaire (LAB), une matière première utilisée dans la fabrication des détergents. Cet investissement de 1,05 milliard de dollars vise à réduire les importations et à renforcer la transformation locale des hydrocarbures.

Un projet industriel stratégique

Signé le 7 mars 2024 avec l’entreprise italienne Tecnimont, le contrat porte sur la construction d’une unité pétrochimique utilisant des matières premières issues de la raffinerie de Skikda.

Le futur complexe transformera notamment du kérosène et du benzène en alkylbenzène linéaire, un composé indispensable à la production de certains agents entrant dans la composition des détergents ménagers et industriels.

Pour Sonatrach, l’enjeu dépasse la seule augmentation des capacités industrielles. Il s’agit de développer une chaîne de valeur locale, en substituant progressivement une production nationale aux importations de cette matière.

Un financement et un calendrier à surveiller

Le projet représente un investissement annoncé de 1,05 milliard de dollars. Une convention conclue avec la Banque nationale d’Algérie prévoit le financement de 65 % de la valeur du contrat d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction.

Tecnimont a annoncé une durée contractuelle de réalisation de 44 mois à compter de l’entrée en vigueur du contrat. L’échéance de novembre 2027, évoquée dans certaines publications, reste donc à confirmer.

Un enjeu pour l’industrialisation africaine

Le projet de Skikda illustre une orientation économique majeure : transformer davantage de ressources naturelles sur place plutôt que d’exporter principalement des produits peu transformés.

Cette stratégie rejoint les ambitions d’industrialisation défendues par plusieurs investisseurs africains, dont l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote. Toutefois, son éventuelle référence directe au projet algérien n’est pas authentifiée.

La réussite économique du complexe dépendra de sa mise en service effective, de son taux d’utilisation et de sa capacité à répondre aux besoins des fabricants locaux de détergents.

Au-delà du montant investi, le véritable indicateur sera la réduction mesurable des importations et la création durable de valeur ajoutée industrielle en Algérie.

CHIFFRES CLÉS

  • 1,05 milliard de dollars : investissement annoncé.

  • 100 000 tonnes/an : capacité de production visée.

  • 65 % : financement prévu du contrat EPC.

  • 44 mois : durée contractuelle de réalisation.

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