La fusion entre SNIPE-La Presse et Dar Assabah entre dans sa phase opérationnelle. Mais derrière le dinar symbolique de la cession, une question reste entière : quel sera le coût réel de la nouvelle structure pour les finances publiques ?

Le prix de transfert est presque nul : un dinar symbolique. Le coût économique de l’opération, lui, reste à déterminer.

Le processus de fusion entre SNIPE-La Presse et Dar Assabah a officiellement démarré le 6 octobre. La gestion de Dar Assabah est confiée à la SNIPE, devenue son actionnaire unique après la cession des actions jusque-là gérées par Al Karama Holding.

La décision n’est pas nouvelle. Dès le 13 décembre 2025, la Présidence du gouvernement avait officiellement autorisé le transfert de l’intégralité des actions pour un dinar symbolique et le lancement d’une fusion par absorption. Elle avait également demandé un programme global de restructuration et un plan d’affaires assorti d’un calendrier.

Mutualiser pour réduire les coûts

La logique industrielle est identifiable : une direction commune, des moyens de production regroupés, une meilleure maîtrise des dépenses et une accélération de la transition numérique. La restructuration prévoit aussi la modernisation des équipements et la numérisation des archives.

Mais l’équation financière demeure incomplète.

Saïd Ben Kraïem, PDG de la SNIPE, affirme que l’État continue de prendre en charge 100 % des salaires des deux entreprises. Il indique également que le budget consolidé 2027 doit maintenir une subvention permanente destinée aux rémunérations.

La facture

C’est précisément ici que commence l’enjeu économique. Aucun montant consolidé de masse salariale n’est fourni dans les informations disponibles. Le chiffre d’affaires des deux structures, leurs pertes, leurs dettes, leurs effectifs et le montant de la subvention 2027 ne sont pas davantage précisés.

Les économies attendues de la mutualisation ne sont pas chiffrées non plus.

Impossible, dans ces conditions, de mesurer le coût net de la fusion pour l’État ou de déterminer à quel horizon la nouvelle entité pourrait réduire sa dépendance aux financements publics.

Le dinar symbolique règle donc la question du transfert de propriété, pas celle du modèle économique. Le véritable indicateur de réussite sera ailleurs : dans l’écart entre le soutien public mobilisé, les économies effectivement réalisées et les revenus que la nouvelle structure parviendra à générer, notamment grâce au numérique.

Chiffres clés

– 1 dinar : prix symbolique du transfert des actions de Dar Assabah.
– 100 % : part des salaires prise en charge par l’État, selon le PDG de la SNIPE.
– 2027 : exercice pour lequel une subvention permanente est annoncée.
– Coût total de la fusion : –
– Économies attendues : – 
– Masse salariale consolidée : –

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