Pour une belle initiative de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT), c’en est vraiment une. Cette Ong, conduite par son nouveau dynamique président Mohsen Gharsi, vient de proposer, au débat public, un ensemble de solutions à la crise de l’énergie qui sévit, actuellement, dans le pays.
Consignées dans une étude intitulé «feuille de route énergétique pour la Tunisie», les propositions de l’OIT tendent à atteindre deux objectifs majeurs : renforcer la sécurité énergétique du pays et éviter la récurrence des problèmes rencontrés durant l’été 2026.
Les propositions se veulent pragmatiques et concrètes
Présentant cette étude, Mohsen Gharsi a indiqué qu’elle a été dictée par les dramatiques délestages et leurs corollaires, les dramatiques coupures de courant électrique que le pays a connues durant l’été 2026.
Il ajouté que cette étude, loin d’être un simple diagnostic de la situation, se propose de formuler des propositions concrètes dans le domaine de l’énergie. D’après lui, le souci qui anime l’OIT est de passer du stade des études à celui de la mise en œuvre, afin que les propositions qu’elle contient se concrétisent en décisions, programmes et projets réalisables et susceptibles d’être suivis. Il a estimé, à cet égard, que la valeur de ce document réside dans sa traduction en mesures concrètes sur le terrain.
Le président de L’OIT a relevé que le problème de l’électricité ne réside pas uniquement dans la capacité électrique installée, mais surtout dans la capacité réelle à répondre à la demande lors des pics de consommation, notamment en période de fortes chaleurs.
D’où l’enjeu, a-t-il-dit, de mettre l’accent sur la nécessité d’opter pour une approche intégrée afin de remédier à la situation, une approche qui englobe toutes les composantes du secteur énergétique : production d’électricité et de gaz, maintenance, réseaux, énergies renouvelables, stockage, financement, gouvernance, maîtrise de la demande…
A court terme, éviter la résurgence des délestages en 2027
Dans ce même contexte, il a précisé que la feuille de route propose plusieurs pistes opérationnelles. Au nombre de celles-ci, figurent : le rétablissement de la capacité disponible grâce à des opérations de maintenance, la couverture des besoins lors des pics de consommation, l’accélération de l’autoproduction d’électricité solaire, ainsi que la maîtrise de la demande, la protection des infrastructures critiques et le développement des réseaux et des systèmes de stockage.
L’étude de l’Oit a fait une mention spéciale de la nécessité d’entamer dès maintenant les préparatifs pour l’été 2027, compte tenu du temps limité dont on dispose pour prendre des décisions et mener à bien les opérations de maintenance et d’investissement.
Ultime objectif : éviter que le pays ne rencontre, l’été prochain, les mêmes difficultés que celles connues durant l’été 2026.
En conclusion, il a réaffirmé la disposition de l’Ordre des ingénieurs à poursuivre le débat sur la feuille de route, à en enrichir les propositions et à contribuer à son suivi et à sa concrétisation, considérant que la sécurité énergétique n’est plus une simple question technique, mais qu’elle est intrinsèquement liée à la souveraineté économique, à la stabilité sociale et aux droits des générations futures.
Il a salué les efforts des ingénieurs et experts ayant contribué à l’élaboration de cette feuille de route, soulignant que le rôle de l’ingénieur ne se limite pas au diagnostic des problèmes, mais englobe également la proposition de solutions et la participation à leur mise en œuvre.
EN BREF
- Initiative stratégique : L’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT), présidé par Mohsen Gharsi, publie une « Feuille de route énergétique » structurante.
- Origine de la crise : Les délestages et coupures électriques majeurs subis par la Tunisie durant l’été 2026.
- Diagnostic clé : Le risque ne réside pas dans la capacité théorique installée, mais dans la gestion opérationnelle des pics de demande lors des fortes chaleurs.
- Chantier d’urgence 2027 : Lancement immédiat de la maintenance, du renforcement des réseaux, du stockage et de l’autoproduction solaire.
- Enjeu national : Élever la sécurité énergétique au rang de composante essentielle de la souveraineté économique et sociale.



