La nature,  c’est-à-dire l’univers hors de l’être humain et de son action, est réputée pour être, particulièrement,  capricieuse.  Dame nature ou mère nature, pour utiliser sa représentation anthropomorphisée commune, est tantôt clémente et généreuse quant elle soutient, indirectement, l’action humaine et apporte, sa bénédiction, à l’homme en période difficile, tantôt elle est furieuse et en colère quant elle fait subir aux hommes, par l’effet dévastateur des calamités naturelles (pandémies, tremblement de terre, éruption volcanique, inondations,  tsunamis…) de grandes pertes humaines et des destructions  massives.

L’homme ordinaire interprète le premier cas, c’est-à-dire la générosité de la nature comme une baraka et le deuxième cas comme une punition.

En politique, quant la nature se montre généreuse à travers des saisons pluvieuses, on dit que la nature a voté pour le régime politique en place et quant elle se présente sous son aspect violent et hideux (sécheresses, canicules, inondations…),  on dit que la nature a signé le glas de ce régime.

Pour le commun des gens, Dame nature joue souvent avec ces deux facettes le rôle de force divine régulatrice et  justicière,  voire une puissance divine mue par un fort sens moral. Elle se manifeste clémente ou violente pour rétablir la justice, défendre les opprimés et punir les coupables en dehors des voies légales officielles.

A titre indicatif,  « la pandémie du corona virus Covid-19 qui a stupéfié la planète est perçue comme une sanction infligée à l’humanité qui serait allée trop loin dans la destruction des écosystèmes et la maltraitance animale.

Si on s’amuse à regarder de près comment, en Tunisie, Dame nature s’est comportée avec le régime politique  de Kaïes Saïed, depuis le coup de force constitutionnel du 25 juillet 2O21 qui lui a permis de concentrer tous les pouvoirs et de régner en maître absolu sur le pays, on remarque que Mère nature était tout simplement à la hauteur de ses caprices.

« La sécurité et la résilience face aux chocs climatiques ne relèvent plus du simple défi technique, mais constituent le cœur même de la souveraineté économique et de la stabilité sociale. »

Au début, Dame nature s’est montrée fort coopérative

Dans un premier temps, elle a fait preuve d’une grande générosité. Elle a fait bénéficier le régime de  Kaïes Saïed de trois précieuses années pluvieuses consécutives (2023, 2024 et 2025). La nature a voté, en quelque sorte,  pour lui. Elle lui a apporté une aide précieuse qui lui a permis de surmonter,  en partie, l’étranglement financier auquel il était confronté depuis fin 2022 en raison du refus du Fonds monétaire internationale (FMI) d’accorder à la Tunisie des facilités de paiement de 1,9 milliard de dollars, un crédit dont l’économie du pays en pleine récession avait un besoin urgent.

En dépit de cet embargo financier international de fait, le refus du FMI ayant entraîné, par tradition financière internationale,  le refus d’autres bailleurs de fonds et partenaires financiers d’accorder à la Tunisie de nouveaux crédits, la Tunisie de Kaïes Saïed était parvenue à tirer son épingle du jeu à la faveur de ce don du ciel, la pluie.

« Trois années de précipitations favorables ont permis de financer le service de la dette et les importations de base, masquant temporairement le report des réformes de fond. »

 

Les années pluvieuses précitées et leur corollaire l’accroissement de la production agricole lui ont été d’un grand apport pour faire, non seulement d’importantes économies de devises utilisées, en périodes de sécheresse pour financer les importations de denrées alimentaires (céréales et autres) mais également pour utiliser les recettes d’exportation en devises des produits agricoles (huile d’olive, dattes, fruits de mer…) pour rembourser, en partie,  le service de la dette, opération qui s’est faite  du reste au détriment de l’investissement.

Ces années pluvieuses, qui consacraient la générosité de la nature n’ont pas été, malheureusement, bien exploitées par les gouvernements incompétents de Kaïes Saïed. Ces derniers n’ont pas  entrepris les réformes structurelles nécessaires pour relancer l’économie et renforcer sa résilience face aux chocs extérieurs dont les changements climatiques. C’est ce qui semble expliquer, d’après la croyance populaire l’avènement, en 2026,  d’une colère inédite de Mère nature.

Quand Mère nature manifeste sa colère

Ainsi, dans un deuxième temps, plus exactement à partir des mois de janvier et de février 2026,  Dame nature a changé de ton et montré son aspect violent. Au cours de cette période, la Tunisie a connu des inondations meurtrières par l’effet d’une pluviométrie d’une intensité rare.

Cinq mois après, la Tunisie est frappée par une vague de canicules. Le pays a enregistré des températures atteignant 50 degrés  celsius dans certaines régions. Très mal préparées à ces vagues de chaleur exceptionnelle par les gouvernements incompétents de kaïes Saïed ces vagues de chaleurs ont provoqué des coupures dramatiques d’électricité e et d’eau potable générant un mécontentement populaire de grande ampleur.

« Face à la rigueur des faits météorologiques et à la défaillance des réseaux, les répressions narratives ne peuvent se substituer à l’entretien des infrastructures. »

 

Cette situation s’est aggravée,  au mois de septembre 2026, par des inondations automnales dévastatrices.  Ces inondations meurtrières, qui ont causé à leur tour des décès et fragilisé les infrastructures du pays, ont mis à nu l’absence d’entretien des voiries et  la mauvaise gestion des calamités naturelles par le gouvernement en place.

Si on se réfère à une idée largement partagée par les tunisiens qui sont confrontés depuis quelques années à une précarité multiforme, Dame nature serait porté à leur secours et sanctionné le gouvernement en place pour son incapacité à trouver des solutions aux graves problèmes  socio-économiques du pays.

L’exécutif qui s’est toujours caché derrière les thèses de sabotage et de complotisme pour expliquer la très mauvaise qualité du service public, la flambée des prix de consommation et  les pénuries des médicaments ne peut plus, désormais, faire prévaloir ces thèses avec Mère nature, la justicière. A bon entendeur !!!

Abou SARRA

EN BREF

  • Répit pluviométrique (2023-2025) : Trois années de fortes précipitations ont compensé le blocage du prêt de 1,9 milliard de dollars du FMI en réduisant les importations alimentaires.
  • Manque d’anticipation : L’embellie agricole n’a pas été exploitée pour réaliser les réformes structurelles ni pour moderniser les réseaux d’eau et d’électricité.
  • Rupture climatique en 2026 : La Tunisie subit en 2026 des inondations meurtrières en début d’année, des canicules jusqu’à 50 °C en été, puis de nouvelles inondations en septembre.
  • Échec des infrastructures : Les coupures de courant et de distribution d’eau ont mis en lumière l’absence d’entretien des voiries et la vulnérabilité du réseau énergétique.
  • Épuisement des récits justificatifs : La réalité des chocs environnementaux disqualifie la thèse du complot et impose une gestion rigoureuse des services publics.