La Tunisie prépare un système d’alerte précoce capable de couvrir plusieurs risques naturels. Manouba fait partie des territoires pilotes retenus pour tester une approche combinant cartographie, observation, technologies satellitaires, diffusion des alertes et coordination institutionnelle.
La Manouba devient l’un des terrains d’expérimentation de la future architecture tunisienne d’alerte précoce multirisques. Lors d’une réunion de la Commission régionale de prévention, de lutte contre les catastrophes et d’organisation des secours, tenue lundi soir, des experts relevant de la Banque mondiale et d’un bureau d’études français ont présenté les résultats d’une assistance technique consacrée au dispositif.
Des territoires aux risques différents
Le choix ne se limite pas à la Manouba. Plusieurs territoires du Grand Tunis, Ghardimaou dans le gouvernorat de Jendouba et Kébili figurent également parmi les zones pilotes mentionnées. Leur intérêt tient à la diversité de leurs caractéristiques géographiques et climatiques et de leurs risques hydrométéorologiques.
Cette géographie doit permettre de travailler sur plusieurs menaces : inondations, feux de forêt, vagues de chaleur extrême, tempêtes de sable et chutes de neige. L’enjeu est donc de construire un dispositif capable de fonctionner face à des aléas très différents.
De la cartographie jusqu’à l’alerte
Le projet repose sur plusieurs composantes : cartographier les risques, identifier les zones et populations vulnérables, renforcer les plans d’urgence et améliorer les capacités d’observation. Il prévoit notamment le recours à des équipements de détection, aux technologies satellitaires et à des systèmes de surveillance en temps réel. La diffusion des alertes, les simulations et la clarification des responsabilités institutionnelles font également partie du dispositif envisagé.
Le chantier s’inscrit dans le Programme intégré de résilience aux catastrophes, engagé avec la Banque mondiale et l’Agence française de développement. La Banque mondiale évaluait en 2025 son montant à 125 millions de dollars, dont 50 millions apportés par la Banque mondiale, 50 millions par l’AFD et 25 millions par le gouvernement tunisien.
Manouba apparaît ainsi moins comme le bénéficiaire d’un système déjà achevé que comme l’un des territoires où se prépare sa future architecture. Le passage de l’expérimentation à un dispositif opérationnel plus large dépendra désormais des étapes de mise en œuvre, dont le calendrier précis n’est pas indiqué dans les sources consultées.
Chiffres clés
- 125 millions de dollars : montant du programme indiqué par la Banque mondiale en 2025 ;
- 50 millions de dollars : contribution BM ;
- 50 millions : contribution AFD ;
- 25 millions : contribution du gouvernement tunisien ;
- 5 catégories de risques explicitement citées dans la source du 6 octobre. World Bank


