Eau, énergie, entreprises publiques, protection sociale, financement des PME et climat d’investissement : Alexander Kremer arrive à Tunis avec un portefeuille déjà largement engagé. Son enjeu sera moins d’ouvrir de nouveaux dossiers que d’accompagner leur exécution et les réformes qui les conditionnent.
La nomination d’Alexander Kremer à la représentation du Groupe de la Banque mondiale en Tunisie intervient au milieu du Cadre de partenariat 2023-2027. Celui-ci articule l’intervention du Groupe autour de l’emploi privé, du capital humain et de la résilience climatique.
Eau et énergie : deux chantiers lourds
L’eau est désormais un dossier économique autant que climatique. En mars 2026, la Banque mondiale a engagé 332,5 millions de dollars pour deux projets constituant la première phase d’un programme consacré à la sécurité et à la résilience hydriques. En septembre, elle estimait que la rareté de l’eau pourrait réduire le PIB tunisien de 6,4 % à l’horizon 2050 en l’absence d’action.
Dans l’énergie, le programme TEREG, de 430 millions de dollars sur cinq ans, vise le déploiement des renouvelables, la fiabilité de l’électricité et la gouvernance du secteur, avec un volet portant sur les performances de la STEG.
Entreprises publiques et protection sociale
La question dépasse la seule STEG. Un document de la Banque mondiale publié en 2025 place les réformes des entreprises publiques et de l’environnement des affaires parmi les transformations nécessaires à la croissance et à la stabilité macroéconomique.
En parallèle, le volet social reste conséquent. En mars 2026, la Banque a approuvé 90 millions de dollars supplémentaires pour renforcer le système de protection sociale, après un projet initial de 700 millions de dollars.
PME, startups et investissement privé
Le nouveau représentant hérite aussi du chantier du financement entrepreneurial. Le projet consacré aux startups et PME innovantes, doté de 75 millions de dollars, avait mobilisé 47 millions de dollars de capitaux privés supplémentaires à la date du bilan publié en 2025.
Reste le dossier transversal : l’investissement. La Banque mondiale continue de pointer les barrières réglementaires et la faiblesse de l’investissement parmi les contraintes pesant sur la croissance tunisienne.
Pour Alexander Kremer, le fil rouge est donc clair : faire converger financements, réformes publiques et capitaux privés. Sa fonction, qui couvre désormais conjointement BIRD, IFC et MIGA, donne précisément à cette articulation une dimension nouvelle.
Chiffres clés
- 332,5 M$ pour la première phase du programme de sécurité hydrique ;
- 430 M$ pour TEREG ;
- 90 M$ de financement additionnel pour la protection sociale ;
- 700 M$ pour le projet social initial ;
- 75 M$ pour le projet startups/PME innovantes ;
- 47 M$ de capitaux privés supplémentaires mobilisés par ce dernier à la date du bilan 2025.


