L’Asie reste le premier moteur de croissance parmi les deux ensembles, mais son rythme perd de la vitesse. En Afrique, plusieurs régions affichent une forte dynamique malgré les chocs extérieurs. Suffisant pour parler d’un basculement ? Pas encore.

Pendant des décennies, le centre de gravité de la croissance mondiale semblait se déplacer inexorablement vers l’Asie. En 2026, le mouvement continue, mais à une allure moins impressionnante.

Selon la Banque asiatique de développement (ADB), les économies en développement d’Asie et du Pacifique devraient croître de 5,0 % en 2026, contre 5,5 % en 2025. L’institution prévoit ensuite une légère remontée à 5,1 % en 2027.

Une Asie moins rapide, pas une Asie à l’arrêt

Parler d’essoufflement doit donc être nuancé. Une croissance de 5 % demeure élevée et les écarts internes sont considérables.

L’Asie du Sud devrait ainsi progresser de 6,4 % en 2026, portée notamment par l’Inde, dont la croissance est projetée à 7,0 % pour son exercice 2026. L’Asie du Sud-Est atteindrait 4,7 %.

L’ADB identifie plusieurs soutiens : investissement privé, relance publique et vigueur des exportations technologiques alimentées par le cycle mondial d’investissement dans l’intelligence artificielle. Mais les risques s’accumulent : énergie chère, tensions géopolitiques, incertitudes commerciales et effets attendus d’un puissant El Niño.

L’Afrique résiste, mais elle ralentit aussi

De l’autre côté de l’océan Indien, le tableau africain interdit également les raccourcis.

La Banque africaine de développement estime que l’Afrique a enregistré une croissance moyenne de 4,4 % en 2025 et prévoit 4,2 % en 2026, puis 4,4 % en 2027.

Le continent dans son ensemble ne « décolle » donc pas au sens d’une accélération immédiate : lui aussi devrait ralentir en 2026.

Mais sa géographie économique devient intéressante. L’Afrique de l’Est devrait rester la région la plus dynamique du continent, avec 5,9 % de croissance en 2026. L’Afrique de l’Ouest est attendue autour de 4,7 % selon les perspectives continentales de la Banque africaine de développement, tandis que l’Afrique australe resterait nettement en retrait.

Le véritable basculement est peut-être ailleurs

La comparaison révèle donc moins un passage de témoin entre l’Asie et l’Afrique qu’une diversification progressive des moteurs de croissance.

L’Asie conserve une avance en rythme de croissance dans les agrégats considérés. L’Afrique, elle, dispose de plusieurs pôles à forte croissance, mais reste confrontée à des contraintes majeures de financement, d’infrastructures et de transformation économique.

La Banque africaine de développement estime notamment à plus de 1 300 milliards de dollars par an le déficit de financement nécessaire pour atteindre les Objectifs de développement durable.

Le prochain chapitre de la croissance mondiale pourrait ainsi dépendre moins de la capacité de l’Afrique à croître que de sa capacité à transformer cette croissance en investissements, infrastructures, productivité et emplois.

Chiffres clés

5,0 % — croissance prévue de l’Asie-Pacifique en développement en 2026.
4,2 % — croissance prévue de l’Afrique en 2026.
6,4 % — croissance prévue de l’Asie du Sud en 2026.
5,9 % — croissance prévue de l’Afrique de l’Est en 2026.
7,0 % — croissance projetée de l’Inde pour l’exercice 2026.
Plus de 1 300 milliards $ — déficit annuel de financement du développement estimé pour l’Afrique.

BAD