Le Canada accélère ses initiatives pour attirer des travailleurs d’expression française dans plusieurs provinces hors Québec. Pour les profils tunisiens francophones, le signal mérite attention — sans pour autant constituer une voie d’immigration spécifiquement réservée à la Tunisie.
Le recrutement francophone canadien prend une dimension de plus en plus régionale. Le 29 septembre, Ottawa a annoncé environ 1,2 million de dollars pour de nouveaux projets destinés à renforcer l’immigration d’expression française dans des communautés minoritaires, notamment en Saskatchewan, à Terre-Neuve-et-Labrador et dans le Nord de l’Ontario.
La Saskatchewan veut aller chercher les talents à l’étranger
Le dispositif le plus directement orienté vers l’emploi est « Destination Saskatchewan ». Financé à hauteur de 569 000 dollars sur deux ans, il doit rapprocher les besoins des employeurs et les talents internationaux.
Le projet prévoit notamment une plateforme de mise en relation, des outils de présélection et des missions physiques ou virtuelles de « Speed-Jobbing » dans des pays sources, choisis selon les besoins de la province. Les secteurs cités sont l’agriculture, les soins de santé, les mines, l’énergie, les technologies et l’hôtellerie. Un accompagnement pour les équivalences de diplômes et certaines certifications est également prévu.
D’autres portes géographiques s’ouvrent
À Terre-Neuve-et-Labrador, un projet de 350 000 dollars sur deux ans vise la création d’un corridor durable de talents francophones et bilingues, avec des recrutements internationaux ciblant notamment l’éducation, la santé et la petite enfance. Dans le Nord de l’Ontario, « Osez le Nord » doit renforcer la promotion des possibilités offertes par les communautés francophones locales.
Ottawa finance parallèlement une cartographie mondiale des talents bilingues en TIC, dotée de 160 000 dollars sur deux ans, pour identifier des bassins de compétences et les professions où ces profils seront recherchés.
Pour la Tunisie, un signal plutôt qu’un passe-droit
Pour les candidats tunisiens francophones, la principale leçon est géographique : limiter une recherche canadienne au Québec risque désormais de laisser de côté une partie des initiatives de recrutement.
Mais la nuance est essentielle. La Tunisie n’est pas citée parmi les pays ciblés et ces projets ne garantissent ni emploi, ni sélection, ni résidence permanente. Ils signalent plutôt que la maîtrise du français peut aussi devenir un atout dans plusieurs marchés du travail provinciaux hors Québec.
Chiffres clés :
1,2 million de dollars annoncés pour les nouveaux projets ;
569 000 dollars sur deux ans en Saskatchewan ;
350 000 dollars sur deux ans à Terre-Neuve-et-Labrador ;
160 000 dollars sur deux ans pour la cartographie mondiale des talents TIC.


