La Maison-Blanche a choisi la voie de l’autorégulation pour répondre aux inquiétudes croissantes entourant la sécurité de l’intelligence artificielle. Nvidia, SpaceX, OpenAI, Anthropic, Meta et Alphabet, maison mère de Google, ont conclu le 29 septembre un accord volontaire que Donald Trump a qualifié de « morally binding », mais qui ne prévoit pas de conséquence explicite en cas de non-respect.
Des garde-fous, mais sans pouvoir de sanction
L’accord prévoit notamment des contrôles internes renforcés et le recours à des auditeurs ou évaluateurs externes indépendants. Reuters souligne toutefois que le document d’une page ne précise ni les modalités d’application ni les mécanismes permettant d’imposer le respect de ces engagements.
Le Council on Foreign Relations relève la même faiblesse : les principes évoqués peuvent constituer une base de supervision, mais rien ne contraint juridiquement les signataires à modifier leur comportement. La question de l’indépendance réelle des auditeurs et des comités de gouvernance reste également ouverte.
L’opinion réclame davantage de garanties
C’est précisément sur ce terrain que le choix de Washington se heurte à la perception du public. Un sondage Reuters/Ipsos publié le 22 septembre montre que 73 % des Américains interrogés estiment que les entreprises d’IA ne sont pas allées assez loin pour empêcher que la technologie cause de graves dommages à la société. L’enquête a été menée auprès de 1 277 adultes, avec une marge d’erreur de 3 points.
Le même sondage indique que 55 % jugeraient positive une décélération du développement de l’IA, contre 13 % qui la considéreraient négativement.
L’enjeu dépasse donc la seule architecture technique des garde-fous. Pour Washington et les entreprises signataires, il devient aussi une question de confiance : démontrer qu’un système fondé largement sur l’engagement volontaire peut produire une surveillance suffisamment indépendante, vérifiable et crédible.


