Une visite de Mark Carney en Turquie se prépare pour octobre, selon Reuters. Libre-échange, énergie et défense pourraient renforcer une relation qu’Ottawa inscrit désormais dans sa stratégie de réduction de dépendance commerciale aux États-Unis.

Le premier ministre canadien Mark Carney prévoit de se rendre en Turquie en octobre pour rencontrer Recep Tayyip Erdoğan, selon quatre sources citées par Reuters. Si elle est confirmée, cette visite serait la première visite bilatérale dédiée d’un dirigeant canadien dans le pays. Les bureaux des deux dirigeants ne l’avaient pas officiellement annoncée au moment de la dépêche. Libre-échange, énergie et défense pourraient figurer à l’agenda.

Un rapprochement déjà engagé

Le mouvement ne part pas de zéro. Le 7 juillet, en marge du sommet de l’OTAN à Ankara, Carney et Erdoğan ont officiellement lancé des négociations en vue d’un accord de libre-échange global. Le commerce bilatéral de marchandises a dépassé 4,3 milliards de dollars canadiens en 2025, dont environ 1,1 milliard d’exportations canadiennes et 3,2 milliards d’importations depuis la Türkiye. Gouvernement du Canada

Le calendrier s’accélère. Le ministre turc du Commerce, Ömer Bolat, a indiqué le 1er octobre, après une rencontre avec son homologue canadien Maninder Sidhu, que les deux pays avaient confirmé leur volonté d’achever les discussions exploratoires d’ici fin octobre. Énergie, défense, transports, économie verte et transformation numérique font partie des domaines identifiés. https://ticaret.gov.tr

Réduire le risque américain

Pour Ottawa, l’enjeu dépasse la Turquie. Carney a promis de doubler le commerce hors États-Unis sur dix ans, selon Reuters. Plus précisément, la stratégie fédérale vise à doubler les exportations vers les marchés non américains d’ici 2035. En 2025, ces marchés représentaient 32,8 % des exportations canadiennes, leur plus forte part en quatre décennies, après une hausse de 11,1 %. MarketScreener Australia

La démarche intervient après l’effondrement en août des discussions commerciales avec Washington.

Lecture : le dossier turc illustre une diversification devenue instrument de résilience économique. Le rapprochement entre Ottawa et Ankara combine marché, énergie et défense : une logique de coopération entre puissances intermédiaires qui élargit les options du Canada, sans pouvoir effacer à court terme le poids économique des États-Unis.

Chiffres clés

Indicateur Valeur
Commerce Canada–Turquie en 2025 plus de 4,3 milliards CAD
Exportations canadiennes vers la Turquie environ 1,1 milliard CAD
Importations canadiennes depuis la Turquie 3,2 milliards CAD
Part des marchés hors États-Unis dans les exportations canadiennes en 2025 32,8 %
Hausse des exportations canadiennes hors États-Unis en 2025 11,1 %