Ce 2 octobre, des entreprises allemandes rencontrent à Tunis des professionnels tunisiens présélectionnés pour travailler en Allemagne. Au même moment, l’expansion de Kromberg & Schubert à Béja ouvre une autre perspective : créer en Tunisie plusieurs milliers d’emplois supplémentaires d’ici 2029.
Le 2 octobre 2026 fait apparaître deux visages très différents de la relation économique tuniso-allemande. À Tunis, des employeurs allemands viennent rencontrer des compétences tunisiennes. À Béja, un industriel allemand accélère au contraire le développement d’emplois sur le territoire tunisien.
Dans le cadre d’African Skills for Germany (AS4G), l’AHK Tunisie organise aujourd’hui des entretiens individuels entre des professionnels présélectionnés et des entreprises allemandes partenaires. Cinq domaines sont concernés : IT, électricité et énergie, industrie mécanique, automatisation, logistique et transport. Le programme vise explicitement l’insertion professionnelle de ces candidats sur le marché allemand.
Le dispositif se poursuit le 3 octobre avec les chauffeurs poids lourd. L’AHK a programmé 100 tests pratiques de conduite, utilisant deux camions de catégorie CE, en complément des entretiens avec les entreprises partenaires.
À Béja, la trajectoire inverse
Le contraste est saisissant avec Kromberg & Schubert. Son nouveau site Béja 2 emploie déjà 2 600 personnes, selon son directeur général cité par TAP. L’effectif annoncé doit atteindre 3 500 salariés en 2027 puis 6 000 en 2028. À l’horizon 2029, les deux implantations du groupe à Béja devraient totaliser près de 14 700 emplois.
Il serait toutefois excessif d’affirmer que les deux dispositifs se disputent exactement les mêmes personnes. Les données disponibles ne permettent pas d’établir un tel chevauchement.
Elles révèlent néanmoins une tension économique plus large : la compétence tunisienne devient simultanément une ressource pour l’internationalisation des travailleurs et pour l’industrialisation locale. C’est là que se joue l’enjeu pour la Tunisie : faciliter la mobilité légale vers l’étranger sans perdre de vue les besoins croissants des investissements installés sur son propre territoire.
La question n’est donc plus seulement de créer des emplois. Elle est aussi de savoir si l’offre de compétences pourra suivre deux dynamiques qui accélèrent en même temps.


