En Tunisie, 70 % des familles sollicitées refusent le prélèvement d’organes sur un proche décédé. Un taux qui contraste avec l’ampleur des besoins : 1 600 patients attendent une greffe rénale et quelque 14 000 personnes vivent sous dialyse.

Le refus familial reste l’un des principaux obstacles au développement de la transplantation en Tunisie. Selon les données communiquées par le Centre national pour la promotion de la transplantation d’organes (CNPTO), sept familles sur dix s’opposent au prélèvement lorsqu’elles sont sollicitées après un décès.

Cette proportion intervient alors que les besoins restent très supérieurs au nombre de greffes réalisées. Le CNPTO estime à 14 000 le nombre de personnes sous dialyse, dont environ 30 % auraient besoin d’une greffe rénale. Quelque 1 600 patients figurent sur la liste d’attente, qui accueillerait environ 300 nouveaux cas par an.

Des greffes encore peu nombreuses

Face à ces besoins, les transplantations rénales à partir d’un donneur décédé ne dépasseraient pas une trentaine par an. Environ 80 greffes supplémentaires seraient réalisées avec des donneurs vivants.

Une étude nationale portant sur la période 2019-2022 avait déjà mis en évidence un niveau élevé de refus familial. La principale raison recensée concernait la crainte de porter atteinte à l’intégrité du corps du défunt. Le manque de confiance dans le système de santé figurait également parmi les motifs identifiés.

La connaissance préalable de la volonté du défunt apparaît dès lors déterminante. Lorsque le choix concernant le don d’organes n’a jamais été exprimé ou discuté, la famille doit se prononcer dans un contexte de deuil et d’urgence.

Pourquoi le don d’organes reste-t-il insuffisant en Tunisie ?
Le CNPTO fait état d’un refus familial de 70 %, tandis que 1 600 patients attendent une greffe rénale. Le faible nombre de prélèvements sur donneurs décédés, l’information des familles et les capacités opérationnelles du réseau hospitalier constituent des enjeux majeurs.

Des capacités à mieux documenter

Le CNPTO évoque six établissements publics impliqués dans les prélèvements et transplantations. Les données disponibles ne permettent toutefois pas d’établir précisément leur activité respective, leurs capacités ni leurs contraintes.

Même manque de visibilité concernant les délais entre l’indication médicale, l’inscription sur la liste et la transplantation.

Analyse : au-delà des campagnes de sensibilisation, la réduction du décalage entre besoins et greffes passe donc aussi par une meilleure information des familles, une coordination hospitalière renforcée et la publication régulière d’indicateurs sur l’activité réelle du système de transplantation.

Chiffres clés

  • 70 % : taux de refus familial annoncé par le CNPTO.
  • 14 000 : personnes sous dialyse.
  • 30 % : proportion qui aurait besoin d’une greffe rénale, selon le CNPTO.
  • 1 600 : patients sur la liste d’attente rénale.
  • +300 : nouveaux patients inscrits chaque année, selon le CNPTO.
    34 : transplantations d’organes réalisées entre le 1er janvier et le 30 septembre 2026.