
Une batterie de stockage de 5 kWh peut coûter environ 7 000 DT et tomber à 3 000-3 500 DT en cas de suppression des taxes, selon les chiffres avancés par Ali Kanzari, président de la Chambre syndicale nationale du photovoltaïque. L’hypothèse place la fiscalité au cœur du coût d’accès au stockage solaire.
Les données de la Douane tunisienne permettent d’en vérifier une partie. Pour la nomenclature 85076000001, correspondant aux « autres accumulateurs électriques au lithium-ion », le tarif affiche un droit de douane de 15 %, une taxe pour la protection de l’environnement de 7 %, une TVA de 19 % ainsi qu’une redevance de prestations douanières de 3 %. Ces prélèvements n’ont toutefois pas tous la même assiette et ne peuvent donc pas être simplement additionnés.
Un taux qui dépend aussi du produit et de son origine
La fiscalité n’est surtout pas uniforme. Pour une autre catégorie d’accumulateurs électriques, le droit de douane affiché atteint 30 %. À l’inverse, le tarif douanier prévoit des droits préférentiels pour plusieurs origines. Technologie, classement tarifaire et pays d’origine deviennent donc déterminants pour calculer la taxation effective.
Le chiffre de « 50 % du coût » reste ainsi une déclaration sectorielle plausible dans certaines configurations, mais il ne peut pas être présenté comme le taux fiscal applicable à toute batterie solaire ni comme 50 % du prix de détail.
Combien l’État prélève-t-il sur une batterie solaire en Tunisie ?
Il n’existe pas, sur la base des sources vérifiées, un taux unique de 50 % applicable à toutes les batteries. Pour certains accumulateurs lithium-ion, la Douane affiche notamment 15 % de droits de douane, 7 % de taxe environnementale et 19 % de TVA, avec des assiettes et conditions différentes.
De 1 400 à 700 DT par kWh
Le calcul WMC illustre néanmoins l’enjeu économique : à 7 000 DT pour 5 kWh, la capacité revient à environ 1 400 DT/kWh. À 3 500 DT, elle tomberait à 700 DT/kWh.
Mais cet écart de prix ne peut être attribué intégralement à l’État sans connaître la valeur d’importation, la technologie, l’origine, la garantie et les marges commerciales.
L’enjeu dépasse enfin la facture du particulier. Le stockage permet de conserver l’électricité solaire produite en journée pour l’utiliser notamment lors des pointes nocturnes. La question fiscale devient alors aussi une question de politique énergétique : déterminer précisément ce que l’État prélève et ce qu’il gagnerait, ou perdrait, à alléger ces prélèvements.
Chiffres clés
- 5 kWh de capacité dans l’exemple avancé ;
- 7 000 DT de prix annoncé ;
- 3 000 à 3 500 DT dans l’hypothèse sans taxes ;
- 1 400 DT/kWh contre 700 DT/kWh dans le calcul WMC. Pour les accumulateurs lithium-ion correspondant à la nomenclature vérifiée : 15 % de droit de douane, 7 % de taxe environnementale et 19 % de TVA, auxquels s’ajoute une redevance douanière de 3 % selon son assiette propre.


