À Jimla, quatre nouveaux bassins doivent renforcer la collecte et le stockage des margines avant la prochaine campagne oléicole. Derrière cet aménagement se dessine un enjeu plus large : transformer un effluent des huileries en ressource agricole, sous des conditions environnementales strictes.
Quatre bassins sont en cours d’aménagement à Jimla, dans le gouvernorat de Zaghouan. Les travaux, inspectés par le gouverneur Karim Brengi, portent notamment sur le terrassement et l’aménagement des ouvrages destinés à accueillir les margines produites pendant la prochaine saison de transformation des olives.
L’enjeu dépasse toutefois le seul stockage. Les quantités collectées doivent être valorisées en agriculture dans le respect des normes techniques et environnementales.
770 hectares déjà concernés
Un chiffre donne une autre dimension au dispositif : lors de la saison précédente, près de 770 hectares de terres agricoles ont bénéficié de la valorisation des margines à Zaghouan. Selon les informations communiquées à l’occasion de la visite, cette opération a contribué à améliorer les propriétés des sols et leur fertilité.
Cette utilisation reste fortement encadrée. Le décret tunisien n° 2013-1308 fixe à 50 m³ par hectare la dose maximale pouvant être épandue, avec une périodicité d’une fois tous les deux ans sur une même parcelle. Il impose également un stockage dans des bassins isolants et limite à 30 jours la durée de stockage des margines destinées à l’épandage.
La réglementation réserve par ailleurs cette pratique aux cultures vivaces, notamment l’olivier, la vigne et les arbres fruitiers, et prévoit plusieurs restrictions destinées à protéger les eaux, les cultures et les zones habitées.
Pourquoi Zaghouan aménage-t-il quatre bassins pour les margines ?Les bassins doivent augmenter les capacités de collecte et de stockage avant la campagne oléicole et permettre ensuite une valorisation agricole encadrée. La saison précédente, près de 770 hectares avaient été concernés. La capacité et le coût des nouveaux ouvrages restent toutefois non disponibles.
Le test économique reste à documenter
Zaghouan offre ainsi un cas concret d’économie circulaire : un résidu liquide issu de la production d’huile d’olive est collecté, stocké puis potentiellement réutilisé sur des terres agricoles.
Mais quatre données restent nécessaires pour mesurer la portée économique du projet : la capacité totale des nouveaux bassins, leur coût d’aménagement, le volume annuel de margines produit dans le gouvernorat et le coût de valorisation par hectare. Ces éléments ne figurent pas dans les informations accessibles consultées.
Sans eux, il est encore impossible d’évaluer le coût du dispositif, son taux potentiel de couverture ou sa capacité à changer d’échelle. Le chantier de Jimla établit donc une infrastructure ; son efficacité économique reste, elle, à mesurer.
Site : Ministère agriculture



