Après plus de quatre mois d’interruption, l’usine Mdhilla 1 du Groupe chimique tunisien a entamé, selon les informations disponibles, une reprise progressive de son activité. Derrière ce redémarrage se pose une question plus large : la sécurisation des intrants indispensables à l’industrie phosphatière tunisienne.

Le redémarrage de Mdhilla 1 referme progressivement un épisode industriel commencé à la mi-mai. Mais il ouvre surtout un dossier stratégique pour le Groupe chimique tunisien (GCT) : celui de sa dépendance à un intrant importé indispensable à sa chaîne de transformation.

L’arrêt avait été provoqué par l’épuisement des réserves de soufre. Dès le 18 mai, des sources locales signalaient la suspension de la production. En juin, une source citée par Mosaïque FM attribuait les difficultés d’approvisionnement aux tensions affectant le détroit d’Ormuz ainsi qu’au non-respect d’engagements contractuels par certains fournisseurs.

Du soufre aux engrais

Le problème dépasse donc la disponibilité d’une simple matière première. La documentation technique du GCT montre que le soufre est fondu puis brûlé pour produire du dioxyde de soufre, étape du processus de fabrication de l’acide sulfurique. Celui-ci s’insère à son tour dans la chaîne de transformation phosphatière.

Mdhilla 1 produit notamment du triple superphosphate (TSP). L’arrêt d’un intrant situé en amont peut ainsi affecter plusieurs maillons successifs de la production.

Le redémarrage, rendu possible selon le corpus disponible par la reprise des approvisionnements, rétablit donc une chaîne industrielle interrompue pendant plus de quatre mois. Il ne permet toutefois pas encore d’en mesurer la facture économique.

La facture reste inconnue

Combien de tonnes n’ont pas été produites ? Quel manque à gagner pour le GCT ? Quel a été le coût du nouvel approvisionnement en soufre ? Et surtout, quelle autonomie offrent désormais les stocks disponibles ?

Ces données ne sont pas disponibles dans les sources consultées. Elles sont pourtant nécessaires pour passer du constat industriel à l’évaluation économique.

L’épisode de Mdhilla met ainsi en évidence une vulnérabilité concrète : une industrie qui transforme une ressource tunisienne peut rester exposée à la disponibilité internationale d’un intrant critique. Pour le GCT, l’enjeu après le redémarrage est donc aussi celui de la sécurisation des approvisionnements.

Chaîne de production — où intervient le soufre ?

Soufre importé → acide sulfurique → transformation phosphatière → acide phosphorique / chaîne des dérivés → engrais phosphatés, dont le TSP.

Une rupture au niveau du soufre peut donc se transmettre aux étapes industrielles situées en aval.

Chiffres clés

  • Plus de quatre mois : durée annoncée de l’interruption avant la reprise progressive.
  • 17-18 mai 2026 : divergence d’un jour entre les sources sur le début de l’arrêt.
  • 175.000 tonnes : exportations de TSP de Mdhilla 1 en 2024, selon une source du site citée par Mosaïque FM.
  • 21.800 tonnes : TSP fourni au marché local en 2024 selon la même source.
  • Production perdue en 2026 : ND.
  • Manque à gagner / coût du nouvel approvisionnement / autonomie des stocks : ND.

SITE : CPG