Après 150 projets recensés lors de l’édition 2025 du Fintech Mauritanie Hackathon, Nouakchott veut aller plus loin. L’enjeu n’est plus seulement de faire émerger des idées, mais de construire les mécanismes capables de les transformer en entreprises.
La Mauritanie remet la fintech au centre de son agenda numérique. Le Fintech Mauritanie Hackathon 2026 intervient après une édition 2025 qui avait recensé 150 projets, selon Nouakchott Innovation Lab. Quatre avaient ensuite intégré son pipeline d’accompagnement.
Mais le véritable enjeu commence après le hackathon.
Du prototype à l’entreprise
Plusieurs briques permettent aujourd’hui de poser la question d’un écosystème fintech mauritanien. Le pays dispose de la loi n°2024-002 relative aux startups technologiques et innovantes. La Banque Centrale de Mauritanie a, de son côté, lancé une politique d’innovation comprenant notamment un DigiLab et une sandbox réglementaire.
Son BCM Fintech Program prévoit également des mécanismes d’accompagnement, d’incubation et d’expérimentation.
L’articulation de ces dispositifs est déterminante. Un hackathon peut identifier des talents et produire des prototypes. Un écosystème doit permettre aux meilleurs projets de tester leurs solutions, trouver leurs premiers clients, accéder au financement et construire un modèle économique viable.
La Mauritanie peut-elle devenir un hub fintech régional ?
Elle dispose désormais de plusieurs briques : cadre légal pour les startups, sandbox réglementaire, DigiLab, accompagnement et hackathons. Son statut régional reste toutefois à démontrer par des résultats mesurables : entreprises créées, expérimentations, clients, financements et expansion hors du marché mauritanien.
Le marché comme véritable test
C’est ici que l’ambition mauritanienne devra être évaluée. Le nombre de candidatures mesure l’intérêt pour l’innovation ; il ne suffit pas à démontrer l’existence d’un secteur fintech durable.
Les indicateurs décisifs seront ailleurs : combien de projets deviennent des entreprises ? Combien expérimentent effectivement leurs solutions ? Combien signent avec une banque ou une entreprise ? Combien attirent des capitaux et accèdent à des marchés extérieurs ?
La Mauritanie dispose donc désormais de plusieurs briques vérifiables : cadre légal, sandbox, accompagnement et événements de détection des projets.
Cela en fait un terrain numérique à suivre, notamment dans la perspective de Digital Banking 2027. Mais parler déjà d’un nouveau laboratoire numérique régional serait prématuré.
Le passage du hackathon à l’écosystème se mesurera finalement à une donnée beaucoup plus exigeante que le nombre de participants : la capacité des projets à survivre après les jurys et à trouver leur marché.


