La production tunisienne pourrait chuter de 40% cette saison. Le marché mondial des prix devient déterminant.

La Tunisie pourrait produire environ 300.000 tonnes d’huile d’olive en 2026/2027, contre près de 500.000 tonnes lors de la campagne précédente, selon les estimations de la Chambre nationale des producteurs d’olives.

Le recul potentiel atteint 200.000 tonnes, soit 40% en une seule campagne.

La profession attribue principalement cette baisse au phénomène de l’alternance, caractéristique de l’olivier : une année de forte récolte est souvent suivie d’une campagne moins productive.

Le chiffre de 300.000 tonnes reste toutefois une prévision professionnelle. Il ne constitue pas encore un bilan définitif de production.

Après le record, le reflux

La correction intervient après une campagne 2025/2026 exceptionnelle, marquée par une production proche de 500.000 tonnes.

Les exportations avaient suivi la même trajectoire. Elles ont atteint 368.000 tonnes sur les neuf premiers mois de la campagne, soit une hausse de 55,3% sur un an.

Les recettes ont, de leur côté, avoisiné 4,39 milliards de dinars à fin juin 2026, en progression de 45%.

Un décalage révélateur : les volumes ont progressé plus vite que les revenus.

Le prix devra compenser le volume

Avec 200.000 tonnes de moins, la capacité d’exportation tunisienne sera mécaniquement sous pression.

La Chambre nationale mise toutefois sur des prix internationaux plus élevés pour limiter l’impact sur les revenus des producteurs.

L’équation reste serrée. Dans un calcul purement théorique, une baisse des volumes de 40% exigerait une hausse d’environ 66,7% de la valeur moyenne par tonne pour compenser intégralement la perte de quantité.

Ce n’est pas une prévision de prix, mais cela mesure l’ampleur du défi.

Le vrac sous pression

La baisse de production remet aussi en avant la question de la valeur ajoutée. Lors de la campagne précédente, environ 86,3% des volumes exportés étaient vendus en vrac.

Avec moins d’huile disponible, l’enjeu sera donc double : vendre plus cher et mieux valoriser chaque tonne, notamment à travers le conditionnement et les marques tunisiennes.

Chiffres clés

300.000 tonnes : production attendue
500.000 tonnes : campagne précédente
-40% : baisse potentielle
200.000 tonnes : volume perdu
368.000 tonnes : exportations sur neuf mois
4,39 milliards DT : recettes à fin juin

86,3% : part du vrac

Après une campagne de volume, la Tunisie entre dans une campagne de valeur.