Le ministère de l’Emploi recense environ 1 200 intentions de création de sociétés communautaires après l’assouplissement du cadre réglementaire. Une accélération notable, mais encore éloignée du nombre d’entreprises effectivement opérationnelles.

La Tunisie compte désormais environ 1 200 intentions de création de sociétés communautaires, selon le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued. Ce chiffre, annoncé le 7 septembre 2026, traduit une nette montée de l’intérêt pour ce dispositif après la révision du décret-loi qui l’encadre.

Il ne signifie toutefois pas que 1 200 nouvelles entreprises ont été créées. Il s’agit d’un portefeuille de projets potentiels, dont une partie seulement franchira les étapes de constitution, de financement puis de mise en activité.

Cette distinction est centrale au regard des résultats enregistrés jusque-là. En août 2025, le ministère recensait 255 sociétés communautaires disposant d’un identifiant fiscal, mais seulement 55 étaient effectivement en activité, soit un peu plus d’une sur cinq. L’objectif annoncé à l’époque était d’atteindre 300 sociétés avant la fin de 2025.

Une réforme pour accélérer les créations

La révision du dispositif en octobre 2025 a abaissé plusieurs barrières à l’entrée. Le nombre minimal de participants a été réduit, tandis que le capital requis a été fixé à 5 000 dinars pour une société locale et 10 000 dinars pour une société régionale.

Le cadre prévoit également des facilités d’accès au financement, des mécanismes de garantie et des possibilités d’exploitation de certains biens publics. L’objectif est de permettre à des projets collectifs locaux d’accéder plus rapidement aux ressources nécessaires à leur démarrage.

Riadh Chaoued a également indiqué qu’une plateforme numérique consacrée aux sociétés communautaires était dans les dernières phases de son développement. Un registre numérique avait déjà été lancé en 2025 ; les informations disponibles ne permettent pas encore de déterminer précisément quelles nouvelles fonctionnalités sont concernées par cette annonce.

Le financement reste un filtre décisif

Le passage de l’intention à l’activité dépendra surtout de la capacité des porteurs de projets à obtenir des financements et à construire un modèle économique viable.

À fin décembre 2025, 63 sociétés avaient effectivement bénéficié d’un financement, tandis que 39 autres avaient reçu une notification favorable. Les enveloppes programmées au titre des différents mécanismes de soutien atteignaient 95 millions de dinars sur la période 2023-2026.

Des conventions ont été conclues avec des banques publiques et privées afin d’améliorer l’accès au crédit. La question sera désormais de savoir si ce dispositif pourra absorber une hausse rapide du nombre de projets sans allonger les délais de financement et de mise en exploitation.

Le changement d’échelle annoncé est également supérieur aux ambitions inscrites dans le projet de Plan de développement 2026-2030, qui prévoit 800 sociétés communautaires à l’horizon 2030 et vise un taux de mise en activité de 80 %.

Les 1 200 intentions constituent donc un indicateur de demande, pas encore un résultat économique. Le véritable test sera le nombre de projets qui deviendront des entreprises financées, opérationnelles et capables de créer durablement des emplois et des revenus.

Chiffres clés

  • 1 200 intentions de création recensées en septembre 2026
  • 255 sociétés dotées d’un identifiant fiscal en août 2025
  • 55 sociétés réellement actives à cette date
  • 63 sociétés financées à fin décembre 2025
  • 95 millions de dinars programmés pour le financement sur 2023-2026
  • 5 000 dinars de capital minimum pour une société locale
  • 10 000 dinars pour une société régionale
  • 800 sociétés visées à l’horizon 2030
  • 80 % de taux de mise en activité ciblé en 2030