Le CHU Habib-Bourguiba de Médenine a réalisé le 6 septembre ses quatre premières implantations de stimulateurs cardiaques. Le symbole est fort. Mais l’enjeu réel est ailleurs : combien de patients du Sud-Est éviteront désormais un déplacement vers Tunis, Sousse ou un autre gouvernorat ?
Médenine dispose désormais d’une capacité qu’elle n’avait pas jusque-là : implanter des pacemakers localement.
Quatre patients ont bénéficié des premières interventions au CHU Habib-Bourguiba. Elles ont été réalisées par l’équipe universitaire du service de cardiologie, après formation à Tunis et Sousse, avec la supervision de spécialistes de l’Hôpital militaire de Tunis et du CHU Sahloul.
La nouveauté est médicale, mais aussi territoriale. Pour certains patients du Sud-Est, la pose d’un stimulateur cardiaque impliquait jusqu’ici une orientation vers d’autres régions. En rapprochant cette intervention, l’hôpital peut réduire les transferts, les déplacements des familles et une partie des contraintes liées au parcours de soins.
Le chiffre décisif n’est pas encore publié
La question est désormais simple : combien de patients seront réellement pris en charge à Médenine chaque année ?
Les informations disponibles ne donnent ni le nombre de malades du Sud-Est ayant besoin d’un pacemaker, ni le volume annuel des transferts vers d’autres CHU. Sans ces données, impossible de mesurer précisément l’impact de cette nouvelle activité.
C’est pourtant là que se joue sa valeur.
Une première série de quatre opérations prouve que le geste peut être réalisé localement. Elle ne garantit pas encore une activité régulière. Pour cela, il faudra assurer la disponibilité des praticiens formés, des dispositifs médicaux, des équipements et des créneaux opératoires.
Le ministère de la Santé a par ailleurs lancé un marché national portant sur plus de 2 100 stimulateurs et dispositifs de stimulation cardiaque. Ce volume ne permet pas d’estimer les besoins propres à Médenine, mais il confirme que cette activité relève d’un besoin structuré à l’échelle nationale.
Le prochain indicateur sera donc moins spectaculaire, mais plus utile : le nombre d’implantations réalisées sur douze mois et la baisse éventuelle des transferts hors région.
Le vrai succès ne sera pas d’avoir posé quatre pacemakers à Médenine. Ce sera de savoir combien de patients n’auront plus à faire des centaines de kilomètres pour en recevoir un.


