La production avicole reste stable à Sousse et les quantités disponibles couvrent les besoins régionaux, selon la TAP. Un signal rassurant qui contraste avec les pertes provoquées par la chaleur dans d’autres zones. À l’échelle nationale, toutefois, le bilan reste incomplet et la principale tension pourrait désormais se déplacer vers les coûts et les prix.
À Sousse, le marché avicole ne donne pas, pour l’instant, de signe de pénurie. Les professionnels réunis au gouvernorat indiquent que le rythme de production demeure stable et que les quantités disponibles permettent de satisfaire les besoins.
Cette situation apporte un élément de comparaison important après les alertes apparues durant l’été. Les fortes chaleurs, parfois aggravées par des coupures d’eau et d’électricité, ont provoqué des mortalités dans certains élevages et affecté la productivité.
Le ministère de l’Agriculture a indiqué le 3 septembre que tout ajustement de la production serait décidé après évaluation des pertes. Ce point est essentiel : au 4 septembre, aucun bilan national consolidé ne permet encore de mesurer précisément l’ampleur du choc sur l’ensemble de la filière.
Des pertes encore difficiles à mesurer
Une estimation professionnelle évoquée le 4 septembre fait état de pertes pouvant atteindre 20% à 25% des poulets dans certaines exploitations ou sur certaines périodes. Ce chiffre ne constitue toutefois pas un taux national officiel.
Le cas de Mahdia montre pourquoi la prudence est nécessaire. À Melloulèche, des pertes très importantes avaient été évoquées, jusqu’à 80% du cheptel selon certaines informations. Mais l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche a indiqué ne pas pouvoir confirmer ce chiffre pour les exploitations opérant légalement, faute de justificatifs suffisants.
Autrement dit, la filière peut connaître des situations très contrastées selon les régions et le degré de formalisation des élevages.
Le risque pourrait se déplacer vers les prix
L’absence de pénurie immédiate ne signifie pas que le marché est totalement à l’abri.
Les pertes d’animaux, les baisses de productivité et les coûts supplémentaires liés au refroidissement ou à l’alimentation électrique peuvent peser sur les marges des producteurs et des abattoirs. Le marché reste par ailleurs encadré par des plafonds de prix.
Depuis le 19 août, le prix du poulet vivant est plafonné à 5,300 dinars le kilogramme, tandis que le poulet prêt à cuire est limité à 7,900 dinars/kg à la sortie des abattoirs et à 8,950 dinars/kg au détail.
Sur le marché des œufs, le programme estival évoquait une production d’environ 162 millions d’unités par mois, tandis qu’une baisse de production de l’ordre de 7% avait été signalée en août.
– 5,300 DT/kg : plafond du prix du poulet vivant.
– 8,950 DT/kg : plafond au détail du poulet prêt à cuire.
– 162 millions d’œufs/mois : niveau de production prévu dans le programme estival.
– Octobre 2026 : horizon évoqué par certains professionnels pour un retour progressif à l’équilibre.
La situation de Sousse réduit donc le risque d’un scénario de pénurie généralisée à court terme. Mais elle ne suffit pas à écarter une tension nationale. Le véritable test sera désormais de savoir si la filière peut absorber les pertes de l’été sans provoquer une nouvelle hausse des coûts, ni fragiliser l’approvisionnement dans les semaines à venir.


