Le programme Waad 2 ouvre ce 5 septembre à Sfax une étape destinée notamment aux jeunes et porteurs de projets des régions du Sud. L’Organisation nationale des entrepreneurs veut accompagner 100 bénéficiaires, deux fois plus que lors de la première édition. Mais le véritable indicateur sera le nombre de projets qui franchiront le cap du financement et du premier chiffre d’affaires.

À Sfax, Waad 2 affiche une ambition simple à mesurer : accompagner 100 jeunes porteurs de projets, contre 50 lors de la première édition. Le programme prévoit des formations en gestion, marketing et finance, du mentorat, ainsi qu’une orientation vers les possibilités de financement.

Mais entre une idée accompagnée et une entreprise réellement créée, plusieurs étapes restent à franchir.

La rencontre du 5 septembre s’inscrit dans la deuxième édition du programme de l’Organisation nationale des entrepreneurs (ONE), déjà lancée au niveau national en mai 2026. L’étape de Sfax cible particulièrement les régions du Sud et doit permettre aux participants de structurer leur projet, préciser leur modèle économique et préparer leur accès aux organismes de financement.

L’ONE avait indiqué avoir reçu plus de 700 demandes pour cette deuxième édition. Avec un objectif de 100 bénéficiaires, la sélection constitue donc déjà un premier filtre.

De l’accompagnement au financement

L’enjeu économique commence toutefois après la sélection. Waad 2 ne garantit pas le financement de 100 entreprises. Il propose un accompagnement et une mise en relation avec les structures susceptibles de financer les projets.

Cette distinction est essentielle. Un projet peut être techniquement bien préparé sans pour autant satisfaire les critères d’un financeur : viabilité économique, capacité de remboursement, débouchés commerciaux, apport personnel éventuel ou solidité du plan d’affaires.

Le contexte de l’emploi renforce l’intérêt du dispositif. Selon l’Institut national de la statistique, le chômage atteignait 14,9% en Tunisie au deuxième trimestre 2026. Il s’élevait à 35,4% chez les 15-24 ans et à 26,6% parmi les diplômés du supérieur.

Dans ce contexte, l’entrepreneuriat peut constituer une voie d’insertion supplémentaire, à condition que les programmes d’accompagnement débouchent sur des activités effectivement lancées.

Le bilan de Waad 1 reste à préciser

La première édition avait accompagné 50 jeunes ou idées de projets, selon le président de l’ONE. En revanche, aucune donnée publique accessible ne permet encore de savoir combien ont effectivement créé leur entreprise, obtenu un financement ou réalisé leur premier chiffre d’affaires.

C’est pourtant ce taux de conversion qui permettra d’évaluer la performance réelle de Waad 2.

L’organisation évoque un programme pouvant aller jusqu’à huit mois, même si une déclaration antérieure mentionnait six mois. Au terme du parcours, les indicateurs les plus utiles seront donc moins le nombre de participants formés que le nombre de dossiers financés, d’entreprises créées et d’activités ayant généré leurs premières ventes.

Pour Waad 2, le défi économique commence ainsi là où s’arrête la formation.

Les chiffres clés

100 — bénéficiaires visés par Waad 2.
50 — bénéficiaires annoncés lors de la première édition.
Plus de 700 — demandes reçues selon l’ONE.
8 mois — durée annoncée dans la déclaration la plus récente du président de l’ONE.
35,4% — taux de chômage des 15-24 ans au T2 2026.
26,6% — taux de chômage des diplômés du supérieur au T2 2026.
14,9% — taux de chômage national au T2 2026.