Dans un paysage éducatif saturé de solutions numériques standardisées, Zainart avance avec une singularité assumée. La startup se distingue par une obsession revendiquée pour l’excellence, une exigence qui se lit autant dans la matière que dans l’expérience. Abir Raboudi, fondatrice insiste : la différence commence par le toucher.

A Zainart, les figurines en plâtre 3D ne sont pas de simples supports à colorier, mais de véritables pièces d’art, façonnées avec une précision qui invite l’enfant à les conserver, à les exposer, à en faire un fragment de son univers. La qualité physique devient ainsi un premier langage, celui du soin et de la beauté.

Sur le versant numérique, la rupture est tout aussi nette. L’application ne se contente pas d’ajouter une couche technologique : elle ouvre un espace d’immersion où l’enfant interagit, explore, apprend. La réalité augmentée n’est pas un gadget, mais un prolongement naturel du geste créatif.

Multilingue, fluide, pensée pour stimuler la cognition, elle transforme chaque figurine en passerelle vers un savoir vivant. Cette double promesse — une manufacture premium et une technologie utile — place Zainart dans une zone rare, là où le jeu devient un apprentissage sensible et intelligent.

Cette ambition dépasse les frontières tunisiennes. Les signaux venus de l’étranger confirment que le concept résonne bien au-delà du marché local. En Europe, notamment en France et en Belgique, le retour aux activités manuelles et artistiques s’inscrit dans une tendance profonde : celle d’un besoin de ralentir, de créer, de manipuler.

Dans le Golfe, l’intérêt se porte sur l’autre versant du projet : l’innovation numérique éducative, recherchée pour accompagner une jeunesse connectée mais en quête de sens. Exporter Zainart, explique Abir Raboudi, revient à exporter une vision : celle d’un savoir-faire tunisien capable de conjuguer artisanat et technologie.

L’adaptabilité culturelle renforce encore cette portée internationale. Dès sa conception, l’application a été pensée comme un organisme vivant, capable d’intégrer de nouvelles langues ou dialectes avec une simplicité déconcertante. Mais l’ambition va plus loin qu’une localisation technique.

Zainart imagine des kits thématiques enracinés dans les patrimoines du monde : figurines inspirées de monuments, d’artisanats, de contes populaires, accompagnées d’expériences AR qui racontent ces histoires avec profondeur. Le phygital devient alors un outil de transmission culturelle, un moyen de préserver des identités tout en les rendant accessibles aux enfants.

Cette ouverture au monde s’accompagne d’une stratégie de partenariats pensée comme une dynamique de cocréation. La startup vise des éditeurs et acteurs du jouet éducatif pour adapter ses produits aux spécificités locales, tout en cherchant à croiser son expertise interne avec des spécialistes de la réalité augmentée afin de repousser les limites de l’immersion.

Enfin, la dimension humaine du projet la pousse naturellement vers les ONG et institutions éducatives internationales, avec l’ambition de faire du phygital Learning un standard accessible, capable de répondre aux défis éducatifs contemporains.

Zainart avance ainsi avec une conviction claire : l’éducation peut être belle, immersive, enracinée et universelle à la fois. Et c’est précisément dans cette alliance que réside sa force.

A.B.A