La reprise du tourisme à Tozeur repose sur 6 indicateurs fondamentaux : volume de réservations, capacité hôtelière disponible, taux d’occupation, trafic aérien, marchés émetteurs et durée de séjour. Après 166 619 arrivées en 2025 pour une durée moyenne de 1,47 nuitée, la saison 2026-2027 dépend du retour de la ligne Paris-Orly et de la hausse des nuitées.

La prochaine saison saharienne s’annonce avec davantage d’hôtels ouverts et le retour programmé de vols directs vers Paris. Mais pour mesurer réellement la reprise à Tozeur, six indicateurs devront être suivis : réservations, capacité hôtelière ouverte, occupation, trafic aérien, marchés émetteurs et durée des séjours.

La réunion présidée le 2 septembre par le ministre du Tourisme Sofiane Tekaya, avec le gouverneur de Tozeur et les professionnels, a remis sur la table l’ISSOT, l’investissement hôtelier, l’aménagement d’Ong Jmal et le renforcement des liaisons aériennes européennes.

Mais elle n’a livré aucun objectif chiffré de réservations, de nuitées ou de taux d’occupation. Or c’est précisément sur ces données que la saison 2026-2027 devra être jugée.

Le défi : faire rester les visiteurs

En 2025, Tozeur a accueilli 166 619 touristes pour 244 715 nuitées, soit environ 1,47 nuitée par arrivée. Le chiffre résume l’une des fragilités de la destination : elle attire, mais les séjours restent courts.

Pour l’économie locale, prolonger les séjours peut être aussi important qu’augmenter le nombre d’arrivées. À fréquentation identique, un gain de seulement 0,1 nuitée moyenne représenterait environ 16 700 nuitées supplémentaires sur la base des résultats de 2025.

L’autre question concerne l’offre. Plusieurs établissements ont repris leur activité au cours des deux dernières années et deux nouvelles unités touristiques ont été signalées à l’occasion de la réunion de septembre. Mais le chiffre décisif reste inconnu : combien de lits seront réellement ouverts et commercialisables entre octobre et avril ?

Sans cette donnée, impossible d’interpréter correctement le taux d’occupation.

L’aéroport reste le principal test

L’aéroport Tozeur-Nefta constitue l’autre indicateur à surveiller. Il n’a accueilli que 33 000 passagers en 2025, alors que sa capacité annuelle dépasse 400 000 voyageurs.

Le retour programmé de la liaison Paris-Orly à partir d’octobre est donc important, mais le vrai test sera ailleurs : combien de sièges seront réellement mis en vente, avec quel taux de remplissage et pendant combien de mois ?

Au printemps, les professionnels identifiaient la France, la Pologne, l’Italie et l’Allemagne parmi les marchés les plus prometteurs. Là encore, la prochaine étape consiste à mesurer les réservations déjà enregistrées par nationalité et leur évolution par rapport à 2025.

Les chiffres clés

  • 166 619 arrivées touristiques à Tozeur en 2025
  • 244 715 nuitées en 2025
  • 1,47 nuitée environ par visiteur
  • +5,3 % de fréquentation touristique au premier trimestre 2026
  • 86 % d’occupation lors du réveillon 2025
  • 33 000 passagers à l’aéroport Tozeur-Nefta en 2025
  • Plus de 400 000 passagers de capacité annuelle de l’aéroport
  • France, Pologne, Italie, Allemagne parmi les marchés jugés prometteurs

Six indicateurs à publier

Pour sortir d’une lecture institutionnelle de la saison, Tozeur gagnerait à publier chaque mois un tableau de bord simple : réservations à 30, 60 et 90 jours, lits réellement ouverts, taux d’occupation, nuitées, durée moyenne de séjour et sièges aériens disponibles.

Les événements comme l’ISSOT ou le Festival international des oasis devront eux aussi être évalués au-delà de leur fréquentation : combien de chambres vendues, combien de nuitées générées et combien de visiteurs prolongent leur séjour ?

La prochaine saison saharienne ne se jouera donc pas seulement sur le nombre de touristes accueillis. Le véritable enjeu sera de mieux remplir les hôtels, d’utiliser davantage l’aéroport et surtout de faire rester les visiteurs plus longtemps.