Entre fournitures, cartable, vêtements et chaussures, la rentrée scolaire peut représenter 400 dinars ou davantage par enfant. Une charge concentrée sur quelques semaines, alors même que l’État augmente ses dépenses en faveur des établissements et des familles vulnérables.
La rentrée scolaire 2026 s’ouvre sur un paradoxe. D’un côté, l’État tunisien renforce ses dépenses consacrées aux infrastructures éducatives et à l’aide sociale. De l’autre, les ménages affrontent une facture qui continue d’augmenter, malgré le maintien des prix de plusieurs produits subventionnés.
Selon Lotfi Riahi, président de l’Organisation tunisienne d’orientation du consommateur, le coût global de la rentrée progresserait d’environ 8 % cette année. Il estime que la dépense peut atteindre 400 dinars ou davantage par élève lorsque l’on additionne fournitures, cartable, blouse, vêtements et chaussures.
Cette estimation doit toutefois être interprétée avec prudence : elle ne constitue pas un indice officiel de l’Institut national de la statistique. Elle donne plutôt un ordre de grandeur de la pression ressentie par les familles.
Le cahier reste stable, pas le panier
Le gouvernement a maintenu les prix des manuels et des cahiers subventionnés. Un cahier n°12 demeure ainsi fixé à 230 millimes, contre 430 millimes pour un n°24, 950 millimes pour un n°48 et 1,400 dinar pour un n°72.
Mais ces produits ne constituent qu’une partie du budget scolaire.
Les cartables, notamment, peuvent commencer autour de 30 dinars, atteindre couramment 70 à 80 dinars et dépasser 300 dinars pour certains modèles de marque, selon les indications avancées par l’organisation de consommateurs.
À cela s’ajoutent les vêtements et les chaussures, un poste particulièrement exposé aux hausses de prix. En juillet 2026, l’INS mesurait une progression de 9,1 % sur un an pour l’habillement et les chaussures, contre une inflation générale de 5,1 %.
Pour une famille comptant deux enfants scolarisés, une dépense de 400 dinars par enfant porterait donc théoriquement la facture à 800 dinars, sans intégrer les coûts récurrents de transport, de restauration ou les dépenses engagées durant l’année.
Un effort public parallèle
L’État intervient également sur plusieurs fronts. Le gouvernement a annoncé 67 millions de dinars supplémentaires pour renforcer les aides sociales liées à la rentrée scolaire et universitaire, notamment en faveur des familles pauvres et à revenu limité.
Parallèlement, plus de 672 millions de dinars ont été annoncés pour la réhabilitation et l’équipement des établissements éducatifs. Ces montants ne financent pas les mêmes besoins : les premiers soutiennent directement les ménages concernés, tandis que les seconds relèvent principalement de l’investissement dans l’appareil scolaire.
La rentrée révèle ainsi deux réalités simultanées : une hausse de l’investissement public dans l’éducation et une pression immédiate sur le pouvoir d’achat familial.
– 400 DT : dépense possible par élève selon l’organisation de consommateurs.
– 800 DT : ordre de grandeur pour deux enfants sur la même base.
– 30 à 80 DT : prix évoqué pour de nombreux cartables.
– 300 DT : prix possible de certains modèles de marque.
– 5,1 % : inflation générale en juillet 2026.
– 9,1 % : hausse annuelle de l’habillement et des chaussures.
– 67 MD : aides publiques supplémentaires pour la rentrée.
– 672 MD : investissements annoncés dans les infrastructures et équipements scolaires.
Le véritable coût de la rentrée ne se mesure donc plus seulement au prix du cahier. Il dépend désormais d’un panier beaucoup plus large, dont plusieurs composantes progressent plus rapidement que l’inflation générale. Pour les ménages, c’est surtout la concentration de ces dépenses en septembre qui transforme la reprise des cours en véritable test de pouvoir d’achat.


