Sur les sept premiers mois de 2026, les exportations tunisiennes de produits de la pêche ont généré 422,3 millions de dinars, selon des chiffres avancés par l’UTAP, contre 443,6 MD un an plus tôt. Les volumes ayant peu varié, le signal est clair : chaque tonne exportée rapporte moins.
La Tunisie continue d’exporter presque autant de produits de la pêche, mais elle en retire moins de recettes. Selon Salah Hdider, vice-président de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche chargé de la pêche, les exportations ont avoisiné 18.000 tonnes durant les sept premiers mois de 2026, pour une valeur de 422,3 millions de dinars.
Sur la même période de 2025, elles avaient rapporté environ 443,6 MD pour un volume présenté comme quasiment identique.
L’écart atteint donc 21,3 MD, soit une baisse d’environ 4,8 % de la valeur exportée.
Le vrai signal se trouve dans le prix par kilo
Lorsque les volumes restent stables mais que les recettes diminuent, la question n’est plus seulement de savoir combien la Tunisie exporte, mais à quel prix.
Sur la base des quelque 18.000 tonnes annoncées, la valeur moyenne ressort autour de 23,5 dinars par kilo en 2026. À volume identique en 2025, elle aurait été proche de 24,6 dinars.
Ce calcul reste indicatif, le tonnage exact de 2025 n’ayant pas été précisé dans la déclaration rapportée par Express FM. Il traduit néanmoins le phénomène central : la valorisation moyenne des exportations s’est dégradée.
Une autre série de données attribuée à l’ONAGRI confirme cette tendance, même si son périmètre statistique diffère. Elle fait état, à fin juillet 2026, d’une baisse de 1,7 % des volumes, de 7,4 % de la valeur exportée et de 5,8 % du prix moyen à l’export.
Les chiffres absolus ne peuvent donc pas être fusionnés avec ceux de l’UTAP, mais le diagnostic converge : la valeur recule plus vite que les quantités.
Un retournement après 2025
Le contraste est notable avec l’année 2025. Sur l’ensemble de l’exercice, la Tunisie avait exporté 35.500 tonnes de produits de la pêche pour 878 MD. Malgré une baisse de 2,7 % des quantités, la valeur avait progressé de 3,8 %, grâce à une hausse du prix moyen à 24,8 dinars le kilo.
En 2026, le mouvement semble s’inverser.
Cette évolution peut résulter d’un changement dans la composition des espèces exportées, d’une baisse des prix sur certains marchés ou d’un poids plus important de produits à moindre valeur. Les données disponibles ne permettent pas encore d’identifier précisément la cause.
Des importations qui progressent
Le signal est d’autant plus important que les importations augmentent. Selon Salah Hdider, elles ont atteint 47.200 tonnes pour 329 MD, contre 45.900 tonnes et 315 MD un an auparavant.
Sur la base de ces données, l’excédent commercial du secteur tomberait ainsi d’environ 128,6 MD à 93,3 MD.
La pêche tunisienne reste donc excédentaire. Mais sa marge se réduit. L’enjeu des prochains mois sera moins de maintenir les tonnages que d’identifier les espèces et marchés où la Tunisie perd de la valeur.
422,3 MD — valeur des exportations sur sept mois en 2026
443,6 MD — valeur sur la même période de 2025
−21,3 MD — perte de recettes
−4,8 % — baisse de la valeur exportée
≈18.000 tonnes — volumes exportés selon l’UTAP
≈23,5 D/kg — valeur moyenne indicative en 2026
329 MD — valeur des importations sur sept mois
93,3 MD — excédent commercial implicite du secteur


