L’Observatoire national du sport organise ce samedi 5 septembre à la plage Boujaafar, à Sousse, l’opération « Marcher dans l’eau… un médicament », en partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Tunisie et les autorités régionales.

Derrière cette initiative ouverte au public se profile un enjeu de santé publique majeur : près de 86 % des décès en Tunisie sont liés aux maladies non transmissibles.

À Boujaafar, la prévention quitte les structures de soins pour gagner la plage. Programmée ce samedi 5 septembre, l’opération « Marcher dans l’eau… un médicament » entend promouvoir l’activité physique comme outil de prévention et encourager des habitudes de vie plus actives.

L’initiative associe l’Observatoire national du sport, l’OMS en Tunisie et les structures régionales de la jeunesse et des sports. Elle s’adresse au grand public et s’inscrit dans une logique de sensibilisation qui cherche à rapprocher les politiques de santé des espaces de vie quotidienne.

Un enjeu qui dépasse la plage

Le message prend un relief particulier au regard du poids des maladies chroniques en Tunisie. Selon l’OMS, près de 86 % des décès dans le pays sont liés aux maladies non transmissibles, notamment les maladies cardiovasculaires, le cancer, le diabète et les maladies respiratoires chroniques. Les seules maladies cardiovasculaires sont responsables de plus de 30 % de l’ensemble des décès.

L’organisation internationale relève également la progression de l’obésité et du diabète, notamment chez les femmes et les jeunes, tout en citant l’inactivité physique parmi les facteurs de risque largement répandus.

L’enjeu n’est donc pas seulement sportif. La prévention des maladies chroniques touche aussi à l’économie : ces pathologies peuvent peser sur les dépenses de santé, la productivité et la participation au marché du travail. À l’échelle mondiale, l’OMS considère d’ailleurs les maladies non transmissibles comme une menace pour le capital humain et la croissance économique, en raison notamment du coût des soins et des pertes de capacité de travail.

De la sensibilisation à l’impact durable

La marche dans l’eau offre l’avantage d’une activité accessible et visible, dans un espace public très fréquenté. Mais une opération ponctuelle ne suffit pas, à elle seule, à modifier durablement les comportements.

L’efficacité d’une telle initiative se mesurera surtout à sa capacité à prolonger le message au-delà de la journée : pratique régulière d’une activité physique, accès à des espaces adaptés et multiplication d’actions locales de prévention.

Aucun bilan public de fréquentation ou d’impact de l’opération n’était encore disponible au moment de cette vérification. Le principal enjeu sera donc de savoir si ce rendez-vous de Boujaafar peut s’inscrire dans une politique plus continue de promotion de l’activité physique.

CHIFFRES CLÉS

86 % — part approximative des décès en Tunisie liés aux maladies non transmissibles.

Plus de 30 % — part de l’ensemble des décès attribuée aux maladies cardiovasculaires en Tunisie.

5 septembre 2026 — date de l’opération « Marcher dans l’eau… un médicament » à Boujaafar.

4 grandes familles de maladies particulièrement concernées : maladies cardiovasculaires, cancers, diabète et maladies respiratoires chroniques.

75 % — part mondiale des décès non liés à une pandémie attribuée aux maladies non transmissibles en 2021, selon l’OMS.