Depuis le 1er septembre 2026, le Canada exige davantage de ressources financières des candidats au permis d’études. Pour un étudiant seul, hors Québec, le seuil de subsistance est désormais fixé à 23 448 dollars canadiens. Mais pour un Tunisien, la somme réellement à mobiliser peut être bien plus élevée — ou, dans certains cas, sensiblement plus basse.
Le nouveau chiffre est simple : 23 448 CAD. C’est le montant qu’un demandeur seul doit désormais pouvoir justifier pour couvrir une année de vie au Canada, hors Québec, contre 22 895 CAD auparavant.
La hausse est de 553 CAD, soit environ 2,4 %. Pour trois personnes, le minimum passe à 35 888 CAD.
Mais s’arrêter à ce montant serait trompeur.
23 448 CAD ne couvrent pas les études
Le barème fixé par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada concerne uniquement les frais de subsistance.
Le candidat doit également disposer des fonds nécessaires pour payer ses droits de scolarité et son transport.
Autrement dit, pour un étudiant tunisien seul relevant du régime général, le budget à démontrer est désormais :
23 448 CAD + frais de scolarité + transport.
À titre indicatif, 23 448 CAD représentent autour de 49 500 dinars tunisiens au début de septembre 2026. Mais le coût total d’une première année peut rapidement dépasser ce montant de plusieurs dizaines de milliers de dollars canadiens selon l’université et la formation choisies.
Le seuil réglementaire n’est donc pas un « budget Canada ». C’est seulement le premier étage du financement.
IRCC regarde aussi d’où vient l’argent
Autre point souvent sous-estimé : disposer de la somme ne suffit pas.
Les autorités canadiennes examinent également la disponibilité et la provenance des fonds. Relevés bancaires, revenus, prêts étudiants, bourses, prise en charge familiale ou preuves de paiement des frais universitaires peuvent être demandés.
Pour une famille tunisienne, cela signifie qu’un dossier financier solide ne se prépare pas quelques jours avant le dépôt de la demande. Il faut pouvoir expliquer l’origine des fonds et démontrer qu’ils pourront effectivement être utilisés pour financer le séjour.
Une exception importante pour les Tunisiens francophones
Le nouveau seuil de 23 448 CAD ne s’applique toutefois pas de la même manière à tous les candidats tunisiens.
La Tunisie fait partie des pays admissibles au Programme pilote pour les étudiants dans les communautés francophones en situation minoritaire.
Pour les candidats répondant aux conditions du programme, le montant de subsistance exigé peut varier selon la localisation du campus.
Dans certaines zones rurales, le minimum pour une personne seule peut ainsi descendre jusqu’à 16 142 CAD.
L’écart avec le régime général dépasse alors 7 300 CAD.
Les frais de scolarité et de transport restent cependant à financer.
Le choix du campus devient aussi un choix financier
Pour un étudiant tunisien, choisir le Canada ne consiste donc plus seulement à comparer les formations et les universités.
Le coût du programme, la ville d’études, l’éligibilité au dispositif francophone et la capacité à présenter des fonds traçables peuvent modifier fortement le budget nécessaire.
Depuis le 1er septembre, la bonne question n’est donc pas seulement : « Ai-je 23 448 CAD ? »
Elle est plutôt : combien mon projet d’études au Canada exige-t-il réellement, et sous quel régime ma demande sera-t-elle examinée ?


