Avec 309 demandes acceptées pour une puissance cumulée de 455 MW, le sixième round du régime des autorisations donne une nouvelle dimension au solaire tunisien. Mais entre projets retenus et mégawatts réellement injectés sur le réseau, le principal défi commence maintenant.
La Tunisie vient de franchir un seuil symbolique dans le développement du photovoltaïque privé. Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie annonce l’acceptation de 309 demandes de projets solaires totalisant 455 MW dans le cadre du sixième round du régime des autorisations.
La composition du portefeuille est révélatrice : 187 projets de 1 MW, 119 projets de 2 MW et trois projets de 10 MW. Au total, 306 projets sur 309 ne dépassent pas 2 MW.
Autrement dit, le changement d’échelle ne vient pas seulement de la puissance totale. Il tient surtout à la multiplication de petites et moyennes installations privées, avec une puissance moyenne d’environ 1,47 MW par projet.
Ce modèle reste distinct de l’autoconsommation photovoltaïque classique. Il s’agit de producteurs privés appelés à vendre leur électricité à la STEG. Mais la dynamique traduit tout de même un élargissement du marché solaire à davantage d’investisseurs et de sites de production.
455 MW, mais pas encore sur le réseau
Le chiffre frappe par son ampleur. À fin juin 2026, la Tunisie comptait environ 1 149 MW de capacités renouvelables installées. Les 455 MW associés aux projets acceptés représentent donc près de 40% de cette puissance existante.
Mais il s’agit encore d’un pipeline de projets, pas de capacités opérationnelles.
Le point mérite d’autant plus d’attention que le lancement du sixième round prévoyait initialement une capacité totale à allouer limitée à 200 MW. Les 455 MW aujourd’hui associés aux demandes acceptées représentent donc plus du double de ce plafond.
Les informations publiques disponibles ne permettent pas encore d’établir si ces 455 MW constituent une première sélection administrative, si le plafond a été relevé ou si une nouvelle étape doit départager les projets avant autorisation définitive.
Le raccordement, prochain goulot d’étranglement
Le vrai test sera désormais la capacité à transformer ces dossiers en centrales financées, raccordées et effectivement productives.
Le réseau électrique sera au cœur de cette étape. Le dispositif prévoit lui-même que les projets soient examinés en fonction des capacités disponibles sur les lignes et les postes de transformation.
Pour la Tunisie, l’enjeu est aussi économique. Le taux d’indépendance énergétique ne s’établissait qu’à 34% à fin juin 2026, contre 38% un an plus tôt. Une montée en puissance du solaire local peut donc contribuer à réduire la dépendance aux combustibles importés et l’exposition aux prix internationaux de l’énergie.
Le sixième round envoie ainsi un signal fort : l’appétit privé pour le photovoltaïque est là. Reste à mesurer combien des 455 MW annoncés franchiront réellement les étapes du financement, du raccordement et de la mise en service.
Les chiffres clés
- 309 demandes acceptées
- 455 MW de puissance cumulée
- 187 projets de 1 MW
- 119 projets de 2 MW
- 3 projets de 10 MW
- 1,47 MW de puissance moyenne par projet
- 200 MW de plafond annoncé initialement
- 1 149 MW de capacités renouvelables installées à fin juin 2026
- 34% de taux d’indépendance énergétique


